Bordeaux : La venue de Mitterrand perturbée par le Bloc identitaire
Dimanche 11.10.2009Ce samedi 10 octobre 2009 sera marqué d’une pierre noire dans la mémoire de Frédéric Mitterrand. Invité d’Alain Juppé à l’occasion de l’inauguration de l’un des multiples « machins » qui composent le programme du très soviétique « Evento » (l’événement culturel local, débauche de manifestations culturelles aux frais du contribuable), le ministre de la Culture s’apprêtait à inaugurer la « maison aux personnages Ilya Kabakov » lorsque les festivités furent interrompues par plusieurs dizaines de personnes.
Au cri de « Mitterrand démission », « Mitterrand, touche pas à nos enfants », une cinquantaine de militants ou de sympathisants du Bloc identitaire, y compris de nombreuses femmes et des enfants, est venue rappeler à la mémoire collective le passé trouble du ministre. Et c’est sous le regard médusé des organisateurs que des dizaines d’affichettes ont été brandies : « Paris-Bangkok, ça t’en fait des heures de vol », « Fredo ta libido est crado » et autres slogans choc.
C’était cependant sans compter sur la fameuse liberté d’expression qui figure au rang des droits fondamentaux de la république, et qui se résout bien souvent à coups de matraques dans la gueule du pauvre type qui s’en réclame. Alors que le ministre aux écrits controversés, accompagné d’un édile aux innombrables casseroles, pavanait fièrement devant les caméras, la police a choisi de réprimer les manifestants. A coup de rasades de gaz lacrymogène et de quelques échanges musclés, une trentaine d’agents des forces de l’ordre a tenté de disperser les manifestants, sans toutefois y parvenir.
« C’est à vomir, nous confie, sous couvert de l’anonymat, l’un des participants. Dans ce soi-disant Etat de droit, un criminel est ministre, et la police charge ceux qui disent la vérité. On se croirait à l’âge le plus pourri de Rome. Mais est-ce vraiment étonnant lorsqu’un petit Héliogabale est nommé ministre par une espèce de Caligula ? » Parqués loin du ministre derrière un imposant cordon de sécurité, les manifestants s’en sont tiré pour une heure d’attente et un contrôle d’identité. Deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. Elles n’ont été relâchées que sept heures plus tard.



