Crise mondiale : les experts et la politique
Dimanche 22.02.2009 - Par Philippe MILLIAULes experts nous prédisent une année 2009 difficile, mais une embellie à la rentrée de Septembre, et unanimement estiment que l’économie mondiale redémarrera en 2010, évidemment sur le modèle économique actuel ; ils ne se posent même pas la question !
D’ailleurs, renchérissent ils, les succès du capitalisme mondial ne sont ils pas faits d’une succession de crises, dont il sort pour sa plus grande gloire financière. Donc, là encore, on va en sortir et ce sera moins grave que la fameuse crise de 1929 qui a secoué le monde industriel
et financier de l’époque. En effet, les mesures auraient été, cette fois, prises à temps.
Leur logique unanime, pseudos socialistes compris, est l’affirmation du génie de la main invisible du MARCHE, cette main qui transforme par miracle la somme des égoïsmes des agents économiques ( particuliers et entreprises ) en enrichissement général et donc en bien commun. Il y aurait beaucoup à dire sur leur certitude que l’enrichissement soit toujours un bien, mais là n’est pas notre propos. Cette foi aveugle dans les lois du marché va pour la première fois dans l’histoire se trouver confrontée au réel.
Pour la première fois dans l’histoire économique, le marché domine le monde.
En effet, par le passé, de fortes structures étatiques, et des enracinements économiques profonds venaient contrebalancer les lieux somme toute assez modestes où le marché dictait une loi absolue. Il en va de nos jours tout autrement depuis l’évolution des deux dernières décennies :
Depuis 20 ans, le communisme s’est effondré et la puissance Américaine domine seule le monde entier. Elle y installe, avec ses valets et ses complices, le libre échange international sans limite. La libre circulation des capitaux, des marchandises et des hommes devient la règle commune. La concurrence devient mondiale pour toutes les activités y compris celles liées à la simple subsistance, comme l’agriculture. Les transnationales dominent le monde et les politiques leur cèdent le pas. Le règne de la finance et de la spéculation sans limite s’installe. Tout est revu à l’aune du prisme déformant de ce monde marchand : tout devient ressource, les matières premières, l’énergie, les capitaux, et même les hommes. Ne parle t’on pas maintenant de « ressources humaines » !
Tous les verrous qui entravaient encore la marche glorieuse de l’économie mondiale et du marché planétaire sautent les uns après les autres. Nous y voilà enfin ; que les uns produisent et consomment toujours davantage, et que les autres spéculent et s’enrichissent. N’est ce pas Madoff !
Les experts économique scrutent, analysent, conseillent…et se trompent lourdement ! Ils sont prisonniers des schémas libéraux, et d’une prétendue science économique qui n’existe que dans leurs songes.
Le marché, c’est le court terme, cette crise nous annonce du long terme.
Il y a six mois, nos experts voulaient régler la crise du crédit Américain, issue de la sinistre aventure des subprimes. En novembre, le G20 veut trouver une solution rapide aux quelques désordres financiers mondiaux. Du court terme, toujours du court terme !
En fait, il ne s’agit ni d’une crise, ni de désordres localisés, mais de la fin d’un monde, de la fin de leur monde….il n’est donc guère surprenant que les experts du monde passé se trompent….
Impossibilités écologiques, pénurie des ressources alimentaires devant la folle croissance démographique du monde ( excepté nos souchiens….), épuisement des sources énergétiques, évolution sanitaire vers les maladies auto-immunes, dérive permanente des revenus du travail vers ceux du capital, pertes d’identités de cultures et de repères, notre monde du XXIeme siècle est confronté à des défis de long terme. Donc des défis adressés aux politiques, et non aux experts économiques qui prétendent gouverner la planète.
Ils ont mis en œuvre la fin du politique, et le politique revient en force et en nécessité absolue. C’est ce que les identitaires ont compris, d’où l’originalité et la clairvoyance du combat mené.
Depuis qu’il est, l’homme s’humanise par sa culture, vit en groupe, en société, bref se dote d’une identité. C’est le rôle des pouvoirs politiques que de veiller à ce bien commun précieux qu’est l’identité, et de lui donner un destin collectif. Avoir oublié cette dimension spirituelle, avoir tenté de réduire la vie à sa simple expression matérielle et égoïste, libéraux et mondialistes nous ont conduit dans le mur. Et ils voudraient encore nous donner des leçons !
Notre monde arrivera quand leur règne finira. C’est pour demain.



