L'identité, c'est la transmission
Mardi 17/02/2009 - Par François DANCOURTDans un récent article paru dans Paris Match, une journaliste définit le Bloc Identitaire comme un mouvement au « nationalisme virulent ». Par cette qualification, cette journaliste ne se veut ni injuste ni désagréable. Elle va, croit-elle, à l'essentiel : un mouvement défend l'identité ? Il est alors « d'extrême-droite ». Il n'est pas le FN ? Alors, il est à « sa droite » et est donc « virulent ». On a vu plus méchant comme définition. Mais, même moins malveillante, celle-ci est fausse. Cette journaliste n'a du Bloc Identitaire, sans aucun doute, qu'une connaissance superficielle, pour ne pas dire une prodigieuse méconnaissance.
Le Bloc identitaire n'est pas un mouvement nationaliste mais un mouvement identitaire. En quoi est-ce différent ? Un peu d'histoire…
Le nationalisme est un concept qui entre vraiment dans la réalité des peuples à la faveur de la révolution française. Ploncard d'Assac distingue, à juste titre, le nationalisme des nations qui se considèrent, à tort ou à raison, « achevées » comme la France, du nationalisme des peuples qui aspirent à se rassembler au sein d'un même Etat. Il donne à ces nationalismes le nom de nationalitarismes.
Se définir nationaliste dans le monde de Garibaldi, c'est donc être au cœur de son temps. Se définir nationaliste en 2009, c'est d'un point de vue du concept, qui n'est pas l'affect, avoir quelques décennies de décalage avec son époque. Pourquoi ?
Car la nation n'existe pas sans Etat, que c'est cet Etat qui est la superstructure politique où s'accomplit le destin du peuple. Ou, du moins, c'est ainsi que la chose publique devrait être. Or, cette théorie est aujourd'hui totalement hors de la substance de la réalité. On peut le regretter mais il en est ainsi.
Le pouvoir aujourd'hui, politique ou pas, n'est plus dans les Etats nations. Il n'est toujours pas dans un Etat continent, dans le cas de l'Europe. Il est dans une force mécanique, puissance des rapports économiques engendrant atomisation de la société et uniformisation. Cette force, en Europe, a dégagé une structure idéologique faussement égalitaire même si égalitariste, que l'on peut appeler « anti-racisme » mais qui, en réalité, exprime le refus de toute différence après avoir refusé toute hiérarchie.
Mais même n'existant plus en tant que forces indépendantes, les nations existent toujours, comme ces poulets sans tête qui continuent leurs courses.
Les nations, champ politique, sont en voie de disparition. Mais, plus fondamental, les identités le sont également. Or, l'identité, c'est l'ADN d'une nation. A cet ADN des peuples correspond aussi l'ADN des paysages, des cultures, des écosystèmes... Ce danger concerne toutes les identités et pas seulement la nôtre.
L'internationale des identités serait un concept du XIXème siècle. Mais déclarer leur universalité, distinguer leur complémentarité, mettre en marche leurs synergies, voila qui est l'œuvre du siècle qui commence. Les nations reviendront après les identités. Si elles doivent revenir ! Et nous tenons plus à notre identité qu'à la représentation politique de notre nation. Pour moi, et je n'engage que moi, qu'importe que ma capitale soit Paris, qu'importe que l'Alsace devienne autonome, qu'importe que Nice retourne à la Padanie ou pas, ce n'est pas le plus important. Ce qui compte, c'est la continuité de mon identité et la puissance des identités européennes à l'échelle du continent.
Face au mondialisme qui n'est pas autre chose que la doctrine inavouée de la finance internationale du « laissez-nous vendre, laissez-nous tout acheter », l'identité est la seule force qui puisse agir, c'est celle de l'instinct de conservation face à la mort. Un NPA avec son populisme du « les riches y sont injustes » et sa tentative de reconstitution de classe dissoute ne peut jouer qu'un rôle de partenaire utile du système en place, au même titre qu'un nationalisme figé sur des faits démentis par le présent, celui, par exemple, de la « plus grande France ».
Et voila pourquoi, je suis un identitaire, picard, français et européen et pas nationaliste français. La nation, c'est nous et seulement nous, quand ce n'est pas devenu seulement le souvenir de nos aïeux. L'identité, c'est nous et le monde, c'est le monde et c'est nous, c'est la vie qui se transmet, c'est le combat qui ne cesse.
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