Crise économique : les étapes suivantes
Jeudi 08/01/2009 - Par Philippe MILLIAUActeur politique, et non expert économique, j’essaie, comme chacun d’entre nous d’interpréter l’évolution de ce qu’il est convenu d’appeler une crise.
J’ai souvent eu l’occasion d’exprimer le point de vue que cette crise est d’abord une crise du système capitaliste mondial, et de son excroissance libre échangiste absolue.
La logique de l’économie de marché a abouti à la réduction constante des coûts ; qui dit réduction des coûts dit réduction des coûts salariaux. Deux moyens pour l’obtenir : payer moins cher la main d’œuvre en délocalisant ou en faisant travailler des immigrés à bas prix ; et orienter les gains dus à l’augmentation de la productivité vers le capital plutôt que vers le travail. En pratiquant ainsi, il est clair qu’on limite le pouvoir d’achat, car ce ne sont pas les gros spéculateurs qui consomment de plus en plus !
De fait nous assistons à une dérive constante depuis plusieurs décennies des revenus du travail vers ceux du capital ( plus de 10% en cumul )
Cela comporte plein d’avantages pour les profiteurs du système ( plus de revenus à un niveau qui leur assure une réelle puissance ) , mais aussi un gros inconvénient : comment demander aux consommateurs de consommer toujours plus pour faire tourner l’économie tout en leur distribuant pas plus de pouvoir d’achat ? La solution : augmenter l’endettement, y compris pour ceux qui ne pourront pas rembourser, d’où les fameux subprimes Américains.
Il faut dire que les U.S.A. sont les champions du crédit, tant des ménages que des collectivités publiques. Voilà des gens qui sont bouffis de morale et qui vivent aux crochets de ressources planétaires qui s’épuisent et du reste du monde qu’ils épuisent !
Il y a un an, crise du crédit aux U.S.A.
Il y a trois mois, crise financière, internationale cette fois.
Et maintenant ?
Nous pouvons nous attendre à un important rebond de la crise en Mars-Avril 2009. En effet,
à cette date les bilans des sociétés seront sortis, et provoqueront un constat d’évidence : les résultats sont en berne, tout au moins pour ce qui concerne les activités spéculatives. Les fonds de pension vont voir leur valorisation chuter dans de telles proportions que les retraites ne pourront plus être servies au niveau actuel dans les pays qui ont adopté le système de la capitalisation.
Second facteur de rebond de la crise, la claque que prend l’économie réelle entraine une explosion du chômage, avec son cortège d’angoisses, de précarité et de troubles sociaux.
Il est probable que nous enregistrerons en France plus de 500 000 chômeurs supplémentaires en 2009.
Tout le monde va comprendre que nous sommes entrés dans une crise de longue durée.
Les comportements vont donc changer et s’orienter sur la précaution, délaissant ainsi l’investissement nécessaire. L’échange va se contracter. Cela va accélérer une récession économique non voulue et donc préjudiciable à beaucoup, contrairement à ce qu’aurait impliqué une décroissance volontaire et maîtrisée, dont nous sommes partisans.
Clairement, nous annoncer, comme le font gouvernants et experts, une reprise dès la fin 2009 ne sera absolument plus crédible.
La perception des erreurs renouvelées dans les prévisions, associée à l’évidence de l’impuissance des pouvoirs internationaux vont changer non seulement la donne économique, mais aussi la donne sociale et politique. Les peuples demanderont une reprise en main politique à leur échelle, donc la fin du système international et celle de la domination des U.S.A. Les conditions n’étant pas réunies pour que la demande de protection sociale et politique aboutisse, nous allons vers un certain chaos social et politique.
Une opportunité historique exceptionnelle s’ouvre aux Identitaires qui auront su analyser correctement, et montrer le chemin à prendre.
Quelles chances de redressement pour les peuples d’Europe ?
Il y a fort à parier que le dollar soit –enfin- lâché par le reste du monde. En effet les perspectives de sortie de crise vont apparaître très divergentes entre la zone dollar et celle de l’Euro, et celles du yen, du huan et du rouble. C’est déjà ce qui pu être observé lors du G20 de la mi Novembre .
Les U.S.A., la Grande Bretagne et le Japon, cumulent deux difficultés : historiquement orientées vers l’échange international, ces puissances vont être touchées plus encore par la récession ; de plus ce sont les mêmes qui ont orienté leur système de retraite vers la capitalisation. Les voici donc doublement vulnérables !
La mise en cause des produits dérivés ( folie financière à l’état pur ! ) viendra encore alourdir le climat. Obama pourrait bien être le président d’un pays en cessation de paiements à la mi 2009. Un effondrement du dollar et un non remboursement des bons du trésor des U.S.A. se répercuterait significativement sur la Chine qui en détient une grande partie.
Et l’Europe ? Elle pourrait se trouver la grande bénéficiaire grâce à l’existence de l’Euro.
Un partenariat systématique avec la Russie lui permettrait de garantir un approvisionnement en énergie à prix négociés et semi constants ( ce qui arrangerait tout le monde, la Russie actuellement et l’Europe après ! ) Un Euro protecteur deviendrait de fait et très vite la grande monnaie mondiale de référence et nous pourrions réorganiser le système failli sur des bases qui nous installeraient durablement en tant que première puissance mondiale.
Une vision écologique, sociale et identitaire pourrait y prévaloir, accompagnée du grand retour des Africains en Afrique, prélude au nouvel équilibre de ce continent.
Ainsi, l’Europe pourrait envisager une sortie de crise fin 2010, alors qu’elle est inenvisageable avant dix ans aux U.S.A. et en Grande Bretagne ( qu’il faut décidemment détacher de l’ Europe ! )
Entre temps, il faudra avoir géré de désespoir compréhensible de la jeunesse, le chaos social, et refixé des repères pour l’avenir. Les Identitaires là aussi ont un train d’avance.
Il paraît en effet exclu de se contenter d’un système remanié sous la houlette de l’Euro qui reproduirait les tares du dollar. C’est bien d’un changement global de perspectives qu’il s’agit.
Cette crise est une chance pour les peuples et leur identité !
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