Convention identitaire de Beaune
Mardi 13.11.2007 - Par Fabrice ROBERTDiscours de Fabrice ROBERT lors de la Convention identitaire de Beaune (10-11 novembre 07)
Militants identitaires, nous ne nous reconnaissons plus aujourd'hui dans ce qu'il est convenu d'appeler la droite nationale. Au-delà de la ligne politique, il existe aussi une rupture tant au niveau de la stratégie que des méthodes d'action.
Le temps est donc venu de développer un espace politique pour une droite identitaire sociale et européenne.
I. LIGNE POLITIQUE
La spécificité de la droite identitaire peut s'incarner à travers trois axes principaux :
1. L'Europe.
Nous appelons de nos vœux la constitution d'une Europe politique, seule capable d'apporter à un monde déboussolé la stabilité et la paix qui lui font défaut. Cette autonomie de l'Europe est nécessaire pour peser face aux autres sphères civilisationnelles y compris outre-Atlantique.
Nous défendons ainsi l'idée d'une France des régions dans une Europe des nations en mettant en avant le principe de subsidiarité et la défense des libertés locales.
Selon nous, il n'y a, en effet, pas de contradiction entre l'attachement à sa région, à sa patrie et à l'espérance d'une Europe de la puissance, libérées des énarchies républicaines et des scléroses bruxelloises. En tant qu'identitaires, nous nous appuyons sur notre identité régionale (identité charnelle), française (identité historique) et européenne (identité civilisationnelle).
2. Le social.
La gauche a toujours considéré le social comme son monopole, ce que la droite ne lui a que très rarement contesté. Or c’est la droite qui puise son origine et ses racines dans une vision non purement matérialiste et quantitative de la vie et des rapports sociaux. De ce fait, c’est elle seule qui, par sa défense conjointe de l’ordre et de la justice sociale, peut véritablement enrayer le mouvement globalisant de la marchandisation du monde.
Agissant pour et au sein du peuple, nous voulons investir prioritairement l'action sociale. Loin des postures intellectuelles de certains, cette implication doit être réelle et concrète.
En défendant notre peuple contre les excès du libéralisme, nous sommes ceux qui aidons les nôtres avant les autres.
3. L'identité.
L'identité, c'est la reconnaissance de la diversité. Des individus, des peuples, des civilisations. L'égalité, c'est le germe du totalitarisme, de l'uniformité. L'opposé même de la diversité.
Par ailleurs, l’identité c’est à la fois ce qui fait que des hommes se ressemblent (et donc selon la loi naturelle indéniable se rassemblent) et ce qui différencie un homme d’un autre, un peuple d’un autre.
Les Identitaires sont ceux qui considèrent que la préservation des identités face au rouleau compresseur mondial est une mission historique.
Face à un discours jacobin, ultra-républicain et assimilationniste, nous défendons une vision de l'homme enraciné dans ses communautés naturelles et historiques.
Certains parlent de la France comme d’une idée / Pour nous, les régions, la France et l’Europe sont des réalités charnelles et historiques
Certains parlent de citoyenneté républicaine / Nous défendons une vision de l'identité charnelle, enracinée et incarnée.
Nous établissons donc un distinguo clair entre Identité organique et Identité nationale basée autour des valeurs républicaines.
L’identité ne se mérite pas, elle s’hérite !
II. MÉTHODES ET STRATÉGIES
Agir en réseau. Prenant acte de la lourdeur et du centralisme de certains appareils politiques parisiens, nous prônons le travail en réseau, plus souple, plus interactif et également plus respectueux des différentes sensibilités.
Le Bloc ne cherchera jamais à prendre la place d'une structure dont la légitimité est assurée par son travail au niveau local ou dans un domaine d'intervention spécifique.
En fédérant des hommes, des projets, des compétences, il est possible de relancer une dynamique de l'action qui permet de refaire l'unité à la base. « Les mots divisent, l'action nous unit ». Nous sommes des rassembleurs !
Refus du tout-électoral et accent mis sur l'enracinement local. Il y a une vie avant, pendant et après les élections. Le pouvoir ne se trouve pas uniquement dans les assemblées d'élus mais également dans des structures (associations, syndicats, etc.) et des outils (médias, réseau Internet, etc.) qui peuvent se transformer en véritables relais d'opinion. Il convient donc de faire une distinction entre LE pouvoir et LES Pouvoirs.
Développement du travail dans le domaine associatif. Il faut investir massivement ce secteur occupé essentiellement par les militants de gauche. L'objectif est de bâtir un maillage du territoire avec des acteurs associatifs présents dans les domaines les plus divers (social, environnement, culture, traditions, solidarité, etc.) et qui pourront bénéficier des subventions publiques.
Action métapolitique. Le pouvoir se prend aussi par la conquête des esprits. Il est nécessaire de développer des projets de type métapolitique qui permettent d'attirer des personnes qui ne viendront jamais à l'action politique par le militantisme classique. L'objectif est alors d'agir sur la perception qu'ont les individus du monde et de la société dans laquelle ils vivent afin de créer des courants d'opinion favorables au combat mené par les mouvements politiques enracinés.
Ce Gramscisme de droite peut s'illustrer à travers diverses formes d'expression : littérature, bande dessinée, peinture, musique, web, etc.
Centrale d'agitation/Lobbying. En organisant des actions de sensibilisation de l'opinion (autrement appelées opérations de lobbying), il est possible de redevenir acteur de résistance, d'imposer des concepts dans les champs politiques et médiatiques et donc participer au déplacement du centre de gravité de la politique française.
L'aspect fondamental de ce type d'initiative, c'est l'impact interne. On permet aux militants de sortir, le temps d'une action ciblée, du triptyque collage-boîtage-tractage (pour les jeunes) ou meeting-conférence-repas (pour les plus âgés). On remet le militant au centre du combat. Il (re)devient un acteur et non plus, comme c'est souvent le cas, un spectateur de rébellion. On permet aussi au militant de mener des actions intéressantes, instructives et d'une efficacité que l'on peut mesurer concrètement et très rapidement.
« Le style, c’est l’homme ».
Pragmatiques car non dogmatiques. Nous sommes une génération qui ne croie plus aux théories fumeuses, aux solutions miracles, aux doctrines toutes faites.
L’homme providentiel ? Nous croyons en nous et nous voulons devons redevenir tous des acteurs de la contestation, pas de simples spectateurs de rébellion.
Non au défaitisme (« tout est foutu », « je m’exile à l’étrange »). Esprit de conquête. Soyons nous aussi un lobby !
Refus du Ghetto. Nous préférons nous jeter dans l’arène pour nous confronter aux autres et imposer nos idées.
Affronter le réel. Refus de se réfugier dans l’imaginaire et le passé. Des actes concrets en prise directe avec la réalité quotidienne.
De petites victoires. Face à ceux qui évoquent le grand soir, « le jour où », nous privilégions la mise en place d'actions concrètes à notre niveau. On multiplie au quotidien les petits actes qui peuvent paraître insignifiants mais qui font bouger les choses. Chaque petite victoire représente alors une reconquête partielle du territoire et de nos libertés.
Hic et Nunc. Ici et maintenant. Face à l’attentisme (« quand donc les français se réveilleront-ils ? »).
Du concret, du tangible, du réel. Pas de blablas : des résultats.
III. ET DEMAIN ?
Courant identitaire. Celui-ci a été imposé dans le champ politique tout en devenant un concept de sociologie politique. Nous sommes les représentants d’un nouveau courant politique.
Plus qu’un mouvement politique, le vocable « Identitaires » semble devenir un point de convergences, une marque de fabrique, un fanion associé à une certaine efficacité politique.
Nous avons suscité la création de structures similaires en Europe ; Le terme identitaire est désormais très employé dans les milieux patriotes.
Nous sommes désormais au centre du débat.
Vitrines identitaires. Que serait Le FN sans Dreux ? Aujourd'hui, la droite identitaire doit aussi disposer d'une ou de plusieurs vitrines qui pourront symboliser son savoir-faire et sa spécificité. Des fondations ont déjà été posées notamment en Alsace et dans le pays Niçois. Nous devons travailler à l'obtention d'un « Dreux identitaire ».
Combat électoral. Le combat électoral ne doit donc être qu'un moyen supplémentaire - au service de nos idées - et non pas une fin en soi.
Fédérer / Structurer / Appel aux compétences
Nombreux sont ceux qui aujourd'hui prennent contact avec le Bloc pour proposer leurs compétences. Ils sont avocats, professeurs, journalistes, écrivains, chefs d'entreprise, informaticiens, graphistes, assistants(es) social(es), responsables syndicaux et associatifs ou encore anciens élus(es) de la droite nationale. Chacun propose son aide au Bloc selon son niveau de motivation et ses disponibilités.
Chacun peut agir à son niveau, selon ses compétences et ses disponibilités : Se présenter aux élections, créer une association, monter un groupe militant.
Certains diront, en romantiques, que « l’avenir nous appartient ». Plus prosaïque, je dirais plutôt que « l’avenir est entre vos mains ».
Se mobiliser, s’investir toujours plus, participer aux succès des actions au service de l’idéal identitaire et faire en sorte que nos enfants grandissent encore demain dans une France française et une Europe européenne !



