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Vers la fin des conseils généraux ?

Mercredi 01.10.2008 - Par François DANCOURT

L'hebdomadaire de centre droit Le Point l'affirme, Nicolas Sarkozy prépare la suppression des mandats de conseillers généraux et la transformation provisoire de ceux en place en conseillers régionaux. Dans le même temps, les élections régionales seraient repoussées de 2010 à 2011 et ne se feraient plus au scrutin de liste départemental mais au scrutin uninominal. Objectif officiel : alléger les échelons politico-administratifs du pays.
Que penser de ce projet qui serait soumis à un référendum après les élections ? Plusieurs choses… D'abord, qu'il est toujours plus facile de réformer la carte des circonscriptions ou des cantons, le calendrier électoral et les statuts des élus, que de réformer l'Etat glouton et son déficit de 40 milliards d'euros. Avec ce type de projet, Sarkozy s'offre donc de l'audace à peu de frais et sur le dos des autres. Ensuite, qu'il est à craindre que cet allègement des strates politiques accompagne un nouvel transfert de charges financières de l'Etat vers les collectivités régionales.

Enfin, que l'on peut supprimer les Départements au profit des Régions, ou l'inverse, cela ne changera rien à la nature intrinsèquement viciée du système qui dirige la France depuis plusieurs décennies. Sur un plan strictement électoral, cette réforme devrait faire disparaître les élus régionaux du FN, empêcher l'essor de la LCR et compliquer la tache du PC ou des Verts. Certains s'en plaindront, pas moi. Ces mandats régionaux créent au sein des partis une classe inférieure d'élus qui ne doivent souvent rien à leurs qualités propres, à leur enracinement électoral, mais tout à leur positionnement dans leur parti. À l'UMP ou au PS, cela sert à caser les numéros 3 ou 4 des fédérations qui n'arrivent pas à être députés, sénateurs ou président du conseil général. Ailleurs, la direction centrale du parti « domestique » une classe d'élus qui doivent tout au mouvement et donc se montrent dociles, notamment avant les investitures. Qu'un tel système perdure n'offre aucun intérêt particulier pour la France. Sa disparition, au contraire, poussera mécaniquement les mouvements politiques à rechercher le travail local et l'enracinement. Il en sera fini des rentes de situation où l'on est élu en 3ème de liste grâce au label Tartempion ou Le Chose. Ce sera un drame pour les médiocres, une chance pour les meilleurs de se faire un nom.

Reste la question des signatures aux Présidentielles. La concentration des mandats régionaux entre les mains quasi exclusives de l'UMP et du PS n'est pas de nature à permettre à un mouvement non autorisé par le système à rassembler les 500 signatures. Il est fort possible que ce soit l'un des effets recherchés de cette réforme. Nouveau déni de démocratie dont s'accommoderont fort bien les démocrates patentés.

Les Français qui ont de la mémoire, ils sont peu nombreux, se souviendront que le Sarkozysme triomphant de 2007 avait lancé un débat sur la réintroduction de la proportionnelle pour les députés. Sur ce sujet comme sur tous les autres, c'est bel et bien le contraire qui va être fait. Moins de démocratie, plus de bipolarisation, c'est-à-dire de concentration autour des deux pôles du même système. Un certain Maurras l'observait il y a déjà un siècle : la république gouverne mal, mais elle se défend bien.

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