Adeptes d’un Ragnarok budgétaire ou d’un Jugement dernier économique, ne vous réjouissez pas !
Mercredi 24.09.2008 - Par Erwan LE GWENDurant la même semaine, on aura autant évoqué l’effondrement du système capitaliste que la remontée des cours en un vif sursaut salutaire. L’ère est instable, on le savait et on en mesure les effets au quotidien. Pourtant le navire flotte !
Certains esprits se réjouissent pourtant de la tempête qui s’annonce mais ils ne mesurent pas vraiment la réalité des faits. Adeptes d’un Ragnarok budgétaire ou d’un Jugement dernier économique, leur agitation fait néanmoins penser à la joie des hamsters faisant tourner leur roue dans la cage métallique qui leur sert d’univers.
Car le système ne va pas si mal que cela. La crise traversée est finalement interne à ce monde de la finance où la perte de fonds propres est d’abord virtuelle avant d’être compensée tout simplement par la vente réelle d’actifs Il n’y a pas de raison de se réjouir, il y en a même de s’inquiéter. Qui seront en fait les victimes des effets collatéraux de ces wargames boursiers ?
Il y aura d’abord les Américains mais cela nous regarde moins. Il y aura ensuite les Européens auxquels les banques ne manqueront pas de faire payer le prix des risques qu’elles prennent au travers de taux d’emprunts élevés. La victime sera cette famille qui aura de plus en plus de mal à accéder à la propriété, cet artisan qui souhaiterait simplement mettre son magasin aux normes de sécurité ou cette mère célibataire qui a du mal à assumer son quotidien.
Preuve que la tempête n’est, pour le moment pas systémique, le système nous oppose le calme des vieilles troupes. Pire, la répression contre les « mal-pensants » que nous incarnons, se poursuit par le biais de lourdes amendes et poursuites.
Voilà pourquoi, nous n’avons pas lieu de nous réjouir des aléas d’un monde qui n’est pas le nôtre. Il nous reste, en effet, beaucoup de travail. Nous devons finalement continuer à ouvrir les yeux de nos voisins, amis, et concitoyens sur la sordide réalité qui nous entoure et les inciter à rejoindre directement ou indirectement notre engagement
Contrairement à d’autres, nous avons aussi à leur tenir un discours clair et franc. Nous n’avons pas à leur offrir l’or dorée de mandats et fonctions illusoires mais bien, à l’instar de ce que fit Winston Churchill en d’autres temps, d’abord de la peine, de la sueur et des larmes et peut-être même du sang si le système venait à s’effondrer totalement. Alors viendrait peut-être une voie de l’honneur, une voie qui se trace aujourd’hui en diffusant nos idées et en militant, encore et toujours, hic et nunc*
Erwan LE GWEN
* Ici et maintenant



