Crépuscule et Aurore
Vendredi 19.09.2008 - Par Pierre CHATOVChaque nouvelle rentrée apporte son lot de permanences et de nouveautés.
Permanence de l’odeur du cuir des cartables dans les magasins, de l’augmentation du prix du ticket de métro, de l’annonce de grèves dans l’éducation nationale pour réclamer, devinez quoi ?, « plus de moyens ! » (l’incapacité à aborder le naufrage éducatif français sous un autre angle que comptable restera certainement dans l’histoire comme l’un des plus dramatiques aveuglement de la deuxième moitié du XXe siècle), de la reprise des championnats sportifs…
Nouveauté de l’engouement des français pour la visite du Pape, de l’irruption de plus en plus marquée du religieux dans le débat public, et surtout de ce palier supplémentaire franchit dans la crise économique, cette gigantesque déflagration financière qui finit de balayer les dernières illusions libérales.
Si le spectacle de ces économistes apeurés et autres analystes en déroute, si prompts d’habitude à dénoncer l’action publique, suppliant voire exigeant maintenant l’intervention de l’Etat pour « sauver les meubles » est bien entendu porteur de grandes inquiétudes, il ouvre également d’encourageantes perspectives pour le combat identitaire et social.
Car l’explosion successive de toutes les bulles spéculatives mondiales, la débâcle d’un système financier largement virtuel et vide de sens, fonctionnant en vase clos sans direction ni but autre que la délirante et indécente accumulation monétaire, l’autodestruction de ce magma affairiste sans frontières ni limite peut marquer, enfin !, le retour à la mesure et à la raison.
L’heure est venue de la relocalisation, du ré-enracinement, du protectionnisme, de l’autonomie vivrière, de la consommation au plus près de la production, de la simplicité, de la frugalité, du retour du politique et du spirituel.
A nous d’être à la hauteur de ces défis et de devenir les principaux acteurs de cette révolution sociale et humaine.
Au travail !



