Manger ou conduire : il faut choisir
Mercredi 09.07.2008 - Par Enric FARIGOULE:: le site les-identitaires.com revient en septembre ::
J’entends parfois dire depuis quelques semaines que les Identitaires auraient changé de stratégie, délaissant le concept de fracture ethnique au profit de la question sociale… Je rappellerai simplement que lors de la première convention de Chalons sur Saône en 2003, cette question avait déjà été abordée longuement, si tant est que la dénomination de Bloc Identitaire fut immédiatement prolongée, à la demande des militants, par celle de « Mouvement Social Européen », prouvant par là même que les deux notions étaient pour nous indissociablement liées.
Ceux qui ont participé à la manifestation du Bloc Identitaire du 31 mai à Paris ont entendu se mêler des slogans à connotation identitaire « Nous sommes chez nous » à ceux appelant à une « révolution sociale », la synthèse étant faite par « Syndicats, patronat complices de l’invasion ». La toute récente campagne d’autocollants du B.I (1) rebondit sur ce positionnement en affirmant que la question sociale, au travers de l’emploi, des crédits et du logement, si elle revêt aujourd’hui une acuité cruciale, s’inscrit dans le mot d’ordre initié par l’organisation Solidarité des Français : « les nôtres avant les autres ».
Le doute n’est plus permis quand le président du Bloc Identitaire, Fabrice Robert déclare, au micro, sous les fenêtres du MEDEF : « Le mouvement identitaire est un mouvement social, non parce que nous plaçons le social avant l’identité, ou après, ou à côté, mais parce que pour nous le social est consubstantiel de notre identité française et européenne. Loin de se limiter aux conditions de vie matérielle de notre peuple, il englobe l’organisation même de la société… »
Que nos détracteurs reviennent sur terre ! Nous ne sommes pour rien dans la paupérisation des classes moyennes, pour rien dans la chute du dollar, ni dans la surcapitalisation boursière des firmes américaines (30 fois leur valeur véritable) ; ce n’est pas nous qui avons inventé la titrisation des sub-primes qui consiste à transformer en valeurs boursières la déconfiture des petits propriétaires; ce n’est pas nous qui appauvrissons le tiers monde à grand coup de spéculation. On vous le jure, on n’y est pour rien…
Mais quand nous nous déplaçons dans la France profonde, pour des réunions de cohésion, nous constatons que c’est la question sociale, aujourd’hui, qui est au premier rang des préoccupations des français qui voient chaque matin un peu plus leurs conditions de vie se dégrader : le nouveau plan de licenciement, la petite boite qui ferme, le contrôle tatillon de la CAF, la suppression du RMI, la facture EDF qu’on ne peut pas payer, le travail précaire, le logement qu’on doit abandonner... On avait choisi la banlieue pour échapper aux loyers prohibitifs du centre ville, mais on est rattrapé par l’augmentation vertigineuse du prix du gasole à la pompe… et nombreux se mettent à penser avec effroi qu’entre manger et conduire, il va falloir choisir. De plus en plus de nos compatriotes redoutent d’avoir à vivre un mauvais remake des « raisins de la colère » de Steinbeck…
Les Américains connaissent cette situation depuis plusieurs années. Sous le titre « Disparition de la classe moyenne américaine », l’hebdomadaire “Marianne” (repris par Novopress), remarque que l’on est passé depuis les années 1970, de ménages qui vivaient avec un seul salaire avec des dépenses contraintes (2) correspondant à la moitié de leur revenu et des dépenses discrétionnaires pour le reste, à 2 salaires par ménage aujourd’hui, mais avec des dépenses contraintes égales aux 2/3 de ce revenu. Pire, beaucoup de ménages sont désormais à 100 % de dépenses contraintes. Les réductions de consommation touchent désormais ces ménages. On ne se chauffe plus dans un premier temps, dans un deuxième temps on abandonne la maison ou on est exproprié.
En France, la paupérisation aboutit à une homogénéisation des revenus des nouvelles classes moyennes qui représentent entre 70 % et 80 % de la population. La résistance s’organise à la fois contre les multinationales et l’état-moloch : petites entreprises de transport, marin pêcheurs, cafés-tabacs, artisans, agriculteurs, salariés de la fonction publique, employés de la grande distribution, salariés des grandes entreprises du privé…
Comme à l’époque le la Commune de 1871, les Marx Brothers font la preuve qu’en France, ils sont toujours en retard d’une révolution. Besancenot essaie de nous refaire le coup de la lutte des classes avec son Nouveau Parti Anti-capitaliste ; il n’a pas intégré que nous avions changé de siècle et que le prolétariat, cher aux marxistes, était aujourd’hui résiduel ; à l’instar de ses frères ennemis du Parti Communiste, il en est réduit à rechercher ce prolétariat chez les immigrés des banlieues, faisant mine d’ignorer qu’il y a un siècle, Lénine fustigeait cette racaille réactionnaire, la qualifiant de sous-prolétaire…
Il faut être honnête : nous ne sommes pour rien dans la survenance de la « Convergence des chaos » (3) ; par contre nous avions annoncé depuis de nombreuses années la crise du système financier mondial, auprès duquel le krach de 1929 ne sera qu’un amusement de boy-scout. Souhaitons seulement que le mouvement ne s’accélère pas trop, car nous ne sommes pas encore prêts. De grâce messieurs les financiers et autres spéculateurs, un peu de patience.
Enric Farigoule
(1) 11 € les 200 ex. port inclus
(2) Dépenses incompressibles (assurances, impôts, cotisations sociales, remboursement de prêts immobiliers…)
(3) Selon Guillaume Faye



