Pour une colonisation équitable du Tibet
Mercredi 23/04/2008 - Par Jean-David CATTINOn a assez versé d’encre au sujet de la cause tibétaine pour que l’on puisse passer à un autre sujet de pleurnicherie. La conscience de tout ce que le monde occidental compte de bobos est soulagée. Peut-être y aura-t-il encore quelques soubresauts d’ici la fin des JO mais la cause est entendue et elle sera vite oubliée. Entendons nous bien, en tant qu’Identitaire, il est dur de rester insensible à l’effacement d’un peuple de son territoire par une puissance totalitaire. Mais cela n’enlève rien au ridicule des hordes de Manu Chaos qui partent à l’assaut de la Grande Muraille. Tout cela entre deux voyages certifiés équitables dans une région sinistrée de notre chère planète.
Mais la cause du Tibet n’est de loin pas la seule que la classe dominante a choisie pour expier sa culpabilité d’être en haut de la chaine alimentaire. D’ailleurs l’alimentation parlons-en ! Le commerce équitable vous est sûrement familier. Vous savez, il s’agit d’acheter plus cher ses bananes pour être sûr que José ou Mamadou, à l’autre bout de la planète, puisse se payer non pas une, mais deux chaussures ! Il n’y a pas de petits gestes militants comme on dit. Et puis ça soulage et ça empêche de réfléchir.
Seulement, le commerce équitable est l’allié objectif de la mondialisation, sa soupape qui sert à rassurer les humano-écolo-droitdel’hommistes. Un moyen de faire passer la pilule à ces gens qui ont peur d’être responsables de la mort d’un nouveau petit Bolivien ou Béninois chaque jour qui passe. Bien sûr le processus de production est contrôlé et tout le monde de bout en bout de la chaine est content. Surtout ceux qui sont au milieu, les contrôleurs, nouvelle espèce de profiteur entre le producteur et le consommateur qui a trouvé de l’emploi sur le marché de la mauvaise conscience.
Bien sûr, il ne s’agit pas de nier l’existence d’une mondialisation sauvage qui maltraite et exploite les producteurs du Tiers-monde tout en polluant allègrement. Il n’en reste pas moins que mondialisation équitable ou mondialisation sauvage, il s’agit toujours de mondialisation.
Même si José et Mamadou peuvent maintenant vivre décemment, il n’est pas souhaitable pour eux de devenir exclusivement dépendants de la consommation d’un pays fort lointain. Une mode qui change, une rumeur de maladie virulente dans leur production et c’est toute l’économie d’un pays qui s’effondre.
Du coté de chez nous, est-il aussi souhaitable de voir disparaitre l’agriculture ? De voir l’Europe se transformer en immense Sillicon Valley au nom de la ultra haute valeur ajoutée ? Laissant à l’Inde l’administration et à la Chine l’industrie ? Ce monde, même s’il est équitable, nous n’en voulons pas. Et un des moyens pour l’éviter qui est à la porté de tous nous vient de nos anciens, consommer local et au rythme des saisons.
.jpg)



