Les nationaux-cosmopolites et l'islam
Mardi 02/10/2007 - Par François DANCOURTLors d’un colloque qui s’est tenu au début du mois de septembre dans la banlieue parisienne, et qui rassemblait ceux que Fabrice Robert a appelé récemment des nationaux cosmopolites, un long exposé a été consacré, en préambule, au problème de l’Islam en France.
Selon l’orateur, dont nous tairons le nom par charité, la lutte contre l’Islamisation de la France ne « serait pas un élément constitutif du nationalisme français ». Et de citer à l’appui Barrés, et d’appeler Guenon et Doriot en renfort. Nous ne contesterons pas ce fait. Oui, la lutte contre l’islamisation n’a jamais fait partie des axes de combat du nationalisme français sous la IIIème République. Et pour cause…
Né après la défaite de 1870, ce nationalisme, dans ses toutes nuances, s’est constitué autour d’un axe principal : la revanche contre l’Allemagne. Même l’antisémitisme a été en bonne part incorporé à cette lutte contre l’Allemagne, le « Juif » étant d’abord un agent du « Boche ».
Puisque les nationaux cosmopolites sont si attachés aux « éléments constitutifs du nationalisme français », puisqu’ils semblent postuler pour un emploi de gardien de musée, ils devraient, en toute bonne logique, attaquer les brasseries bavaroises de Paris, comme la Ligue des Patriotes en son temps, ou bien exiger la reconstruction de la ligne Maginot.
Ils ne le font naturellement pas puisque, entre deux lectures de Georges Valois ou de Henri Lagrange, il ne leur a pas échappé que le Uhlan se faisait rare dans les faubourgs de Paris comme sur les bords du Rhin.
Dans ces conditions, à quoi peut servir le recours dévot, et sentant son Tartuffe, aux « éléments constitutifs du nationalisme français » ? A « faire le beau » à une tribune ? Oui, bien sûr. A démontrer que les nationaux cosmopolites ne font pas de politique, c'est-à-dire ne sont pas dans la réalité ? A singer la gauche la plus archaïque qui se voile la face devant l’évolution des faits ? Sans doute.
Pour les nationaux cosmopolites, il n’y a pas de problème avec l’Islam. Pour la gauche, les races n’existent pas. Après tout, pourquoi pas… mais, le refus de la réalité n’interdit pas le génie dans l’autisme, or, les développements intellectuels des nationaux cosmopolites sont d’une indigence à peine masquée par des références intellectuelles parfois vieilles de 150 ans.
Qu’importe à l’Europe, mais aussi à Jean Dupont assiégé dans son lotissement ou cerné dans son appart, que le Soufisme soit une voie de sagesse ou que le Chiisme soit un Islam enluminée par les Indo Aryens de Perse ? Que nous importe que l’Islam soit « une religion de guerriers » et que les Salafistes n’aient pas de poux dans leurs barbes ?
Que nous importent également « les éléments constitutifs du nationalisme français » ! Le combat politique, c’est la vie, c’est la réalité. Or, la réalité de 2007, c’est la présence et le flux continuel de masses considérables de non Européens sur le sol de France. Parmi ceux-ci, on trouve plusieurs millions de musulmans dont, tout naturellement, la religion constitue l’identité. Ceci n’est ni bien ni mal, c’est un fait mais un fait a une ou des conséquences. Pour l’identité de notre peuple, la conséquence s’appelle péril mortel.
Refuser de combattre l’Islamisation de la France, c’est sans doute se payer une posture intellectuelle à peu de compte, mais ce n’est pas être aux côtés de son peuple.
Les nationaux cosmopolites aimeraient pouvoir choisir leurs ennemis. Attitude bourgeoise, s’il en est. Aux étals intellectuels du passé, ils chapardent au gré de leurs besoins du moment chez Marx, Maurras ou Barrés. Pour faire les superforts, ils fouillent même dans les arrière-boutiques et vous dénichent des Moeller Van den Bruck ou des Blanqui presque neufs. Enfantillage des colloquons en rond et gros patapon… Dans la famille Proudhon, je voudrais Georges Valois. Pioche… Dans la famille Marx, je voudrais la Méthode. Oh zut ! J’en avais besoin pour aller à Argenteuil…
Oui, il existe un océan entre les Identitaires et les nationaux cosmopolites. Sur une rive, que trouve-t-on ? De l’utopie… de la confusion intellectuelle… de la posture… un numéro 1, Soral, derrière lequel, en nombre, se bousculent certains zéros de l’extrême-droite française, addition provisoire de professionnels des divisions, avides de profiter de l’homme qui a vu Mireille Dumas. Sur l’autre rive, les mains dans le cambouis, avec les moyens du bord et l’énergie de l’espoir, des militants du réel.
Tout va bien.
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