André Bercoff ou la dérive d'un journaliste vers l'islamophobie
Dimanche 22/01/2012 - Par Rue 89 | Olivier PechterLa police de la pensée, à l'œuvre dans Rue 89 : elle ne tolère pas que le journaliste André Bercoff se soit penché sur le phénomène «apéro saucisson-pinard» en publiant un livre sur le sujet, et par conséquent le bannit.
Source : Rue 89 du 22 janvier 2012
Extraits :
Un défenseur du saucisson-pinard dans le jury du prix littéraire d'un chic restaurant ? C'est la situation incongrue dans laquelle se trouve un prix tout justement créé, le Procope des Lumières (du nom du café parisien qui n'en est pas à sa première polémique).
Le prix a pour ambition de récompenser un auteur qui « jette un regard nouveau, voire polémique, sur notre temps, dans la tradition de l'esprit critique, des libertés et de l'humanisme des philosophes des Lumières ». Il doit être remis à la fin du mois.
Présidé par Jacques Attali, le jury est composé de personnalités plutôt consensuelles :
- Malek Chebel,
- François de Closets,
- Roger-Pol Droit,
- Caroline Fourest,
- Alexandre Lacroix,
- Aude Lancelin,
- Olivier Poivre d'Arvor,
- et André Bercoff.
Mais un nom retient l'attention : celui d'André Bercoff (France Soir).
Longtemps réputé comme étant proche des socialistes, il est l'auteur d'un pamphlet contre « La Chasse au Sarko » (avril 2011) qui lui a valu une invitation à l'Elysée.
...
Cette affaire pose à nouveau la question de la banalisation de l'islamophobie et de l'existence d'un « deux poids deux mesures ».
Si un certain nombre de jurés du Procope des Lumières avaient quelques raisons d'ignorer la dérive de l'éternelle grande gueule Bercoff, la posture de Caroline Fourest interpelle particulièrement. Il est étonnant que cette spécialiste de l'extrême droite très engagée contre Riposte laïque (ce qui lui vaut de violentes attaques) n'ait pas appliqué, en cette affaire, la vigilance qu'elle prône par ailleurs. Cette notion de vigilance s'étant toujours accompagnée de l'idée de « cordon sanitaire ».




