La presse d'outre-atlantique mène son enquête sur le Bloc Identitaire
Samedi 10/12/2011 - Par CTV News | Elaine Ganley, The Associated PressElaine Ganley, journaliste à Associated Press, a mené un véritable travail d'investigation en participant à plusieurs manifestations du Bloc Identitaire. Résultat : une enquête sans concession qui dénote des poncifs de la presse convenue à la française.
Source : CTV News 10 décembre 2011, traduction ACF

Le groupe français d’extrême-droite se déchaîne avec un message dans le potage
Tourves, France - Ils festoyaient dans le décor de carte postale de l’arrière-pays de la Provence, l’enchantement des touristes et la fierté de la France.
Mais ce n’était pas l’habituel pays idyllique. Le Bloc Identitaire d’extrême-droite, ou Bloc de l’identité, se déchainait contre l’islam tout en dinant avec du rôti de porc et des vins locaux interdits aux musulmans pratiquants.
Le groupe, une force montante sur la scène de la France d’extrême-droite, associe les immigrants musulmans à des envahisseurs menaçant l’identité du cœur même de la patrie française et mettent en cause la civilisation européenne. Le mouvement, avec un sanglier comme logo, gagne de l’influence avec son mélange d’hostilité à l’islam et son romantisme de la culture rurale française.
De plus en plus il est utilisé comme une « boîte à idées » pour le Front National, un parti d’extrême droite bien établi et une force dans la politique européenne qui pourrait bien jouer un rôle crucial lors des élections présidentielles dans cinq mois.
La campagne du Bloc contre la construction de mosquées et sa stratégie saucisson-pinard trouvent une plus vaste audience dans le pays qui compte la plus grande population musulmane d’Europe de l’ouest, évaluée à 5 millions, la majorité d’entre elle ayant ses origines dans les anciennes colonies françaises d’Afrique du Nord.
Un groupe de députés du parti conservateur UMP de Nicolas Sarkozy a constitué une aile droite dure, la droite populaire qui fustige l’immigration et épousé des thèmes anti-islamiques comme un écho édulcoré du bloc identitaire.
« Le combat est urgent. Nous n’avons pas le choix » dit un membre du Bloc Identitaire, Jean-Christophe Oberlaender, dont les bras sont tatoués avec ce qu’il prétend être des symboles des religions anciennes.
Il était parmi les quelques cinquante personnes qui participaient à une journée de réunion du Bloc à l’extérieur de cette petite ville provençale dont les origines datent de l’époque romaine.
« Ces produits seront bientôt très rares en France » dit il du porc et du vin servis au déjeuner.
Le Bloc Identitaire, également opposé au multiculturalisme et à la mondialisation, est le plus grand par sa taille parmi la myriade de groupes qui sont sur les franges de l’extrême-droite en France et il semble qu’il gagne de l’audience au-delà de ses membres.
Les responsables du Bloc prétendent avoir quelques 4000 membres – un chiffre que les experts disent exagéré. Des alliances régionales avec d’autres groupes identitaires en France et leur usage massif d’internet pour développer leur propagande vers le grand public rend difficile un bilan réel.
Le mouvement refuse d’utiliser la violence dans son ambition d’effacer toute trace de culture musulmane en France. Mais la violence apparait poursuivre ses membres ce qu’ils condamnent et mettent sur le compte de provocateurs néo-nazis.
En début de cette année, un rassemblement à Lyon appelé « la marche des cochons » a tourné à l’affrontement entre partisans du Bloc et gauchistes- tenus à l’écart par des centaines de policiers disposés à l’avance. Plusieurs commerces locaux ont été endommagés dont un restaurant Kébab.
Les militants du Bloc Identitaire mettent à jour les plans des communautés musulmanes de construire des mosquées et font campagne pour les arrêter. Une « guérilla identitaire » un dépliant, explique comment faire prendre conscience des initiatives musulmanes depuis les mosquées aux restaurants halal, en passant par l’infiltration de clubs populaires sportifs ou culturels par les musulmans.
Un projet de mosquée dans le village de Tourrette dans le sud de la France fut leur dernière cible et ils revendiquent un succès.
Après avoir découvert les plans d’une association musulmane de transformer une villa en mosquée, les militants du Bloc Identitaire inondèrent la région de tracts de protestation, rencontrèrent le maire et organisèrent une manifestation. Le projet de mosquée a été abandonné en octobre, quelques jours avant que le rassemblement devait se tenir.
Nourredine Benzizar, un dentiste d’origine marocaine, qui dirigeait le projet de mosquée, affirmait que le projet s’est effondré pour cause de financement, pas à cause du Bloc Identitaire, et il a fait le vœu de mener à bien un projet de mosquée une fois que les fonds seront disponibles.
« Les pressions ne nous effraient pas », dit-il par téléphone.
Ces dernières années la France a fait passer des lois interdisant le foulard islamique dans les écoles et le voile islamique dans tous les lieux publics. Des lois soutenues par les principaux courants de gauche et de droite pour la défense de la tradition française de la laïcité mais que beaucoup voient comme stigmatisant les musulmans.
Le récent rassemblement du bloc Identitaire a révélé un mélange idéologique et religieux, de païens qui adorent les anciens dieux nordiques, à de fervents catholiques et d’autres simplement à la recherche d’une voix qui reflète leurs inquiétudes sur le futur de la France.
« Maîtres chez nous » est leur devise mais « révolution » était le mot d’ordre au rassemblement près de la ville de Brignoles, où un membre du Front National est maire. Le Bloc Identitaire refuse toute alliance formelle avec le Front National. A la différence du plus gros mouvement, il est pro-européen et veut maintenir la France dans l’Union Européenne à 27. Il tisse des liens avec des groupes d’extrême-droite en Angleterre et dans d’autres villes européennes.
Le trésorier national, Dominique Lescure a récemment voyagé en Russie, avec sa foisonnante et violente extrême-droite, pour rencontrer des groupes dans des villes aussi lointaines que Vladivostok sur la côte pacifique.
La candidate du Front National à la présidentielle Marine Le Pen, pendant ce temps, essaye de modérer l’image de son parti pour attirer un plus large public après des décades sous le règne de son père, le fondateur du parti Jean-Marie Le Pen, une personnalité pugnace et charismatique de multiple fois condamné pour des propos racistes ou antisémites. Il stupéfia le monde en atteignant la finale de l’élection présidentielle en 2002, avant d’être sévèrement battu par une coalition exceptionnelle des principaux partis français assurant la victoire du sortant, Jacques Chirac.
Marine Le Pen a dit aux juifs qu’ils n’avaient rien à craindre du Front National et a même brièvement rencontré l’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies lors d’un récent voyage aux Etats-Unis.
A l‘inverse elle a ostensiblement ciblé les musulmans et le développement de la culture islamique au nom des principes français de laïcité….imitant le message du Bloc Identitaire.
Le Bloc « découvre des thèmes pour le Front National » dit Erwan Lecoeur, un sociologue qui étudie l’extrême-droite.
Pendant des années le Front National a joué le rôle d’un maraudeur dans les élections françaises et les candidats de la droite essayaient d’éloigner les électeurs du parti extrémiste. Les sondages placent Marine Le Pen à la troisième place derrière Sarkozy, à la seconde, avec le socialiste François Hollande en tête.
Le Bloc Identitaire, né en 2003, a construit son profil il y a plusieurs hivers, en distribuant à l’extérieur de la soupe au lard, dite soupe de l’identité, aux sans-abris.
Il prospère en évoquant les légendes de l’histoire de France.
« Pour moi la France a une raison d’exister du fait de son passé…..de ses chevaliers, de ses châteaux, de la France des gaulois, de la France des romains » dit Michel de L. un technicien en informatique de 34 ans qui dirige la section du Bloc de Marseille.
Le Bloc a tenu dans les rues des fêtes, consistant en des apéritifs avec du vin et des saucisses. Certaines furent interdites par les autorités, mais l’année dernière, chassés d’un quartier de Paris massivement immigré, ils se sont réinstallés sur les célèbres Champs-Elysées, près de l’Arc de Triomphe.
Les responsables du Bloc affirment que leur groupe n’est ni raciste ni même antimusulmans mais ils considèrent que la population musulmane en France a atteint un seuil critique inacceptable avec des intentions de remplacer la culture locale.
« Nous sommes ici pour faire une révolution…..nous ne sommes pas ici pour effrayer les grands-mères ou les vendeurs de sucreries » dit Richard Roudier, un membre du Bureau Exécutif du Bloc dans un discours devant la foule du rassemblement de Provence. « Nous voulons effrayer l’établissement. »
Pour Oberlaender la cible n’est pas seulement les musulmans : « Aujourd’hui ce sont les arabes. Si demain ce sont les chinois, je combattrai les chinois.»
Tourves, France — They feasted in the verdant back country of picture-postcard Provence, the delight of tourists and the pride of France.
But it was no ordinary country idyll. The extreme right Bloc Identitaire, or Identity Bloc, was lashing out at Islam while dining on pork roast and local wine -- off limits to practicing Muslims.
The group, an emerging force on France's far-right scene, likens Muslim immigrants to invaders threatening the identity of the French heartland and menacing European civilization. The movement -- with a wild pig as its logo -- is gaining traction through its blend of Islam-bashing and romanticizing of French rural culture.
Increasingly, it is being used as an "idea box" for the National Front, a well-established far-right party and force in European politics that could play a crucial role in French presidential elections five months away.
The Bloc's campaign against mosque building and its wine-and-pork strategies are also finding a more mainstream audience in the country with western Europe's largest Muslim population, estimated at 5 million, the majority with origins in France's former colonies in North Africa.
A group of lawmakers from President Nicolas Sarkozy's conservative UMP party has formed a hard-right wing, the Popular Right, that berates immigration and has espoused anti-Muslim themes in a low-key echo of Bloc Identitaire.
"The combat is urgent. We don't have the choice," said Bloc Identitaire member Jean-Christophe Oberlaender, whose arms are tattooed with what he said are ancient religious sayings.
He was among some 50 people attending a daylong Bloc meeting outside this small Provencal town whose origins date from Roman times.
"These products will soon be very rare in France," he said of the pork and wine being served at lunch.
Bloc Identitaire, also opposed to multiculturalism and globalization, has the largest footprint of myriad groups on the extreme-right fringes of France, and appears to be harnessing influence beyond its numbers.
Bloc officials put membership at some 4,000 -- a figure experts say is exaggerated. Regional alliances with other "identity" groups in France and their heavy use of the Internet to spread their word to the mainstream public make a real count difficult.
The movement opposes violence in its bid to erase all traces of Muslim culture in France. But violence has been known to follow its members -- something they blame on neo-Nazi hangers-on.
Earlier this year, a rally in Lyon called the "march of pigs" turned into a clash between Bloc Identitaire supporters and extreme leftists -- kept apart by hundreds of police called in ahead of time. Several local businesses were damaged, including a kebab restaurant.
Bloc Identitaire militants ferret out plans by Muslim communities to build mosques and campaign to stop them. An "identity guerrilla" pamphlet spells out how to raise awareness of Muslim initiatives, from mosques to halal food restaurants, and infiltrate culture or sports clubs popular with Muslims.
A mosque project in the village of Tourrette in southern France was their latest target and, they claim, success.
After discovering plans by a Muslim association to convert a villa into a mosque, Bloc Identitaire militants flooded the area with protest fliers, met with the mayor and organized a demonstration. The mosque project was scrapped in October, days before the rally was to be held.
Nourreddine Benzirar, a dentist with Moroccan origins who led plans for the mosque, claimed the project collapsed over funding, not because of Bloc Identitaire, and vowed to press forward with a mosque once money is available.
"Pressure doesn't scare us," he said by telephone.
France has passed laws in recent years banning Islamic headscarves in schools and banning Islamic face veils anywhere in public, laws embraced by the mainstream left and right as upholding secular French traditions but that many see as stigmatizing Muslims.
The recent gathering of Bloc Identitaire revealed an ideological and religious mix, from pagans who worship the gods of the ancient Norse peoples, to devout Catholics and others simply searching for a voice that reflects their worries about France's future.
"Masters at home" is their motto, but "revolution" was the watchword at the gathering near the city of Brignoles, where a National Front member is mayor.
The Bloc Identitaire denies any formal alliances with the National Front. Unlike the bigger movement it is pro-European and wants to keep France in the 27-nation EU. It spins ties with other European far-right groups in Britain and some other European cities.
The national treasurer, Dominique Lescure, recently travelled to Russia, with its burgeoning and violent extreme right, to meet with groups in cities as far away as Vladivostok on the Pacific coast.
National Front presidential candidate Marine Le Pen, meanwhile, is trying to tame her party's image to appeal to a broader public after decades under the helm of her father, party founder Jean-Marie Le Pen, a scrappy, charismatic figure repeatedly convicted for racist and anti-Semitic remarks. He stunned the world by reaching the runoffs in 2002 presidential elections, before being trounced by a rare coalition of France's mainstream parties, assuring victory for incumbent Jacques Chirac.
Marine Le Pen has told Jews they have nothing to fear from the National Front and even briefly met Israel's ambassador to the United Nations during a recent trip to the United States.
Instead, she has pointedly targeted Muslims and the spread of Islamic culture, in the name of the French principle of secularism -- mimicking the message of Bloc Identitaire.
The Bloc "uncovers the themes for the National Front," said Erwan Lecoeur, a sociologist who studies the extreme right.
The National Front has for years played the role of spoiler in French elections, and candidates from the mainstream right typically try to woo voters away from the extreme party. Polls put Marine Le Pen in third place behind Sarkozy, in second, with Socialist Francois Hollande in the lead.
Bloc Identitaire, born in 2003, raised its profile several winters ago by dishing out pork soup, so-called "identity soup," for the homeless.
It thrives on evoking the legends of France's history.
"For me, France has a reason to exist because of its past ... its knights, its chateaux, the France of the Gaulois, the France of the Romans," said Michel de L., a 34-year-old computer technician who heads the Bloc's Marseille chapter.
The bloc has held street parties featuring aperitifs of wine and sausage. Some were cancelled by authorities, but last year, chased from a heavily immigrant Paris neighbourhood, they managed to recamp on the famed Champs-Elysees, near the Arc de Triomphe.
Bloc officials claim their group is neither racist nor anti-Muslim but contend that the Muslim population in France has reached an unacceptable critical mass with designs on supplanting the local culture.
"We're here to make a revolution ... We're not here to scare our grandmothers or the candy salesman," Richard Rudier, a member of the Bloc's executive board, said in a speech before the crowd at the Provence gathering. "We want to scare the establishment."
For Oberlaender, the target isn't just Muslims.
"Today, it's the Arabs. If it's the Chinese tomorrow, I'll combat the Chinese."
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