L’Europe : une existence et une permanence trimillénaires
Mardi 27/09/2011Avec beaucoup de rigueur et de conviction, le professeur d'histoire Vincent Lecaillon a rappelé que l'Europe était multimillénaire.

L’EUROPE : UNE EXISTENCE ET UNE PERMANENCE TRIMILLENAIRES
INTRODUCTION :
Quand Philippe Milliau m’a demandé de traiter, il y a une paire de mois le sujet : « L’ EUROPE : UNE EXISTENCE ET UNE PERMANENCE TRIMILLENAIRES », j’ai immédiatement accepté !
La joie de me retrouver parmi vous et le plaisir d’aborder le sujet de l’Europe, qui nous tient tant à cœur, à nous, identitaires ! Mais comme je suis aussi un prof... j’ai bien profité de mes deux mois de vacances et pour ainsi dire assez peu songé à mon sujet…. Aussi voilà une petite dizaine de jours je me suis replongé dans quelques ouvrages et commencé à réfléchir à une ligne directrice… Et là, me sont apparues toute la difficulté et l’ampleur de la tâche : comment traiter de cette histoire plurimillénaire en 30 minutes ?
Partir sur une chronologie : oui mais quel choix faire sur un tel foisonnement d’évènements, de personnages… Même si s’imposent quelques évènements et figures incontournables !
Laisser de côté l’histoire évènementielle, pour s’attacher à celle des idées, des courants de pensée…?
S’attacher à l’aspect civilisationnel… Evidemment, l’aspect civilisationnel !! c’est le cœur du sujet. Mais je n’étais pas plus avancé.
Alors je me suis baladé sur internet, et je suis tombé sur un tableau synoptique intitulé : « Civilisations et cultures de l'humanité » avec une classification par zones géographiques et par périodes.
Et demi surprise, je constate que ce tableau ne présente pas de civilisation européenne, mais une civilisation d’Europe orientale et une autre d’Europe occidentale. Un anglais et moi, par exemple, nous nous apparenterions à une civilisation différente d’un grec contemporain ou d’un serbe ? Premier hiatus !!
On peut remarquer que cette approche, que l‘on retrouve très souvent chez certains géopoliticiens comme Samuel Huntington, est typiquement américano-centrée, car elle vise à séparer l’Europe en 2 pôles : un pôle arrimable à un ensemble atlantique et un pôle périphérique à rejeter ou à contrôler par le centre atlantique
Ensuite, dans la civilisation dite d’Europe orientale la chronologie démarre de 2000 ans avant JC avec les cultures carpato-danubienne ? puis mycénienne (pas mal, si ce n’est que ces cultures sont en fait plus anciennes) pour aboutir ? à la Russie et à la pathologie communiste 4000 ans plus tard.
La seconde civilisation européenne (occidentale), elle, démarre à la même date avec les celtes pendant mille ans ( bien aussi) puis 2000 ans plus tard, on retrouve le moyen âge, qualifié d’occidental (de quoi s’agit-il ?? christianisme… ????) et entre les deux dates, de -1000 à + 1000 ….. RIEN !!!! Le trou, pas de civilisation, donc pas d’hommes !
Mais j’avais trouvé le biais pour mon intervention, le biais c’est l’HOMME EUROPEEN !
Car comme a pu l’écrire très justement Georges Duhamel : « Si la civilisation n'est pas dans le cœur de l'homme, et bien, elle n'est nulle part. » !
Egalement Protagoras au Vème siècle avant JC disait déjà : « L’Homme est la mesure de toute chose » c’est-à-dire qu’il n’y a pour les anciens grecs de réalité qu’à travers l’interprétation qu’en donnent les hommes, en particulier à travers leurs mythes !
Evidemment il ne s’agit pas de l’Homme universel et désincarné de l’ « Idéologie des Droits de l’Homme », mais bien de l’Homme européen, enraciné !
Bien plus tard, au parlement de Francfort en 1848, alors que les allemands se cherchaient une unité politique, un député a pu s’exclamer « L’Allemagne c’est partout où résonnent les chants allemands », c’est-à-dire partout où était présent l’élément ethnique germanique porteur du langage, des mentalités et de la vision du monde des germains !
Et bien pour l’Europe, c’est pareil : elle est partout où est présent très majoritairement l’élément ethnoculturel européen et où s’imposent sa vision du monde et ses mythes. Il est vrai, souvent aujourd’hui bien mis à mal.
La permanence et l’existence de l’Europe est, et sera donc toujours à chercher à travers l’homme européen ! Car l’Europe n’est pas née de l’histoire militaire et diplomatique du XX siècle, mais de peuples qui se sont fixés de manière pérenne, sur cette péninsule de l’ensemble continental Euro-asiatique, depuis des milliers d’années et qui donnèrent naissance à une communauté de cultures spécifiques et sans égales !
C’est donc cette permanence, au sein de histoire européenne et à travers les peuples d’Europe, sortes d’organismes vivants, que je vais m’attacher de retrouver. En scrutant tout d’abord les origines protohistoriques et antiques de l’Europe, puis en tentant, dans un second temps, de dégager à travers près de 3000 ans d’histoire la persistance de cette mémoire du « long-vivant » et enfin en essayant d’établir comment nous, européens contemporains, vivons aujourd’hui cette tradition du « long vivant ».
I) Les origines protohistoriques et antiques de notre Europe
On pourrait, comme l’a fait Dominique Venner dans son ouvrage « Histoire et tradition des Européens », remonter l’horloge du temps très loin à l’époque paléolithique, puisque diverses sciences ( archéologie, paléontologie, linguistique, toponymie…) ont démontré une permanence de peuplement et une stabilité anthropologique des populations européenne sur plusieurs dizaines de milliers d’années assez remarquable, depuis Cro-Magnon et peut-être même depuis Neandertal !
Mais là n’est pas mon propos, puisque si c’est bien à partir des hommes de l’Europe, au sein de leurs cultures spécifiques que j’entends raisonner, c’est aussi la recherche d’une structure mentale déterminante de nos ancêtres qui m’anime! Or cette structure mentale, cette plus longue mémoire encore vivante, nous la trouvons avec l’apparition des Indo-Européens ! Ha ! les célèbres, mais non moins mystérieux, voire pour les incultes ethno-masochistes, les sulfureux indo-européens !
Ce terme est à l’origine linguistique : on parlait de langues indo-européennes ; elles s’étendaient jadis des îles britanniques au Pendjab, en Inde, sur un espace gigantesque qui correspondait à l’aire d’expansion des différents locuteurs. Ces langues présentent une structure commune dans la grammaire, le vocabulaire et la phonologie. Elles existaient dès le VI millénaire avant JC au moins! Et surtout elles procèdent toutes d’une matrice commune, sorte de « langue mère », à partir de laquelle elles se sont dissociées par séparations graduelles, et ont évolué, pour donner les langues latines, germaniques, grecque et slaves etc…Par exemple, toutes ces langues ont la même façon de dire « non » ( na= sanscrit ; no ; na = breton ;neen= néerlandais ;niet ;nie = polonais ;nein=allemand ;nao=portugais ;nu= roumain, no= espagnol…)
Si il y avait une « langue mère », il y avait des locuteurs qui s’exprimaient dans cette langue, et qui à travers elle, disaient leur vision du monde, de leur place ds ce monde, place qui leur est spécifique.
C’est ce qu’a démontré Georges Dumézil avec sa mythologie comparée, en retrouvant cette structure mentale spécifique au travers les anciens textes sacrés et mythologies des peuples européens.
C’est par exemple la célèbre « trifonctionnalité » indo-européenne que l’on retrouvera dans les trois ordres de la société médiévale ou encore les 3 classes inégales de « La République » de Platon.
La première fonction se rapporte à la connaissance et à la souveraineté. C’est la royauté La seconde désigne la force martiale qui protège. C’est la guerre La troisième concerne la fécondité et la reproduction de la vie sous toutes ses formes. C’est la production.
Et pour les Indo-Européens de jadis et ceux que nous sommes, l’harmonie est nécessaire entre ces trois fonctions pour fonder une société équilibrée.
Ainsi l’identité des deux premières fonctions (guerrière et souveraine) est observable d’un bout à l’autre du monde européen, et, elle est une des manifestations visibles de sociétés harmonieuses et équilibrées. Avec pour socle une aristocratie guerrière et souveraine. Point de rois-prêtres à la tête de castes sacerdotales chez nous, et même si roi et guerriers existent évidemment en Orient l’articulation entre guerre et pouvoir politique est différente. En Europe le pouvoir échoit à l’homme libre, c’est-à-dire à celui qui porte l’épée : les athéniens se réunissent sur la colline du Pnyx pour élire leurs magistrats et voter, en particulier la guerre. Car ce sont eux qui la feront cette guerre. Les romains de la République procéderont de même avec les comices centuriates qui se réunissaient sur le champ de Mars, le dieu de la guerre, armes à la ceinture ! Les hommes libres de Gaule se porteront en masse au secours de Vercingétorix coincé dans Alésia.
Encore jusqu’au XVIII ème siècle, les jardins de Versailles seront ouverts à ceux portant l’épée au côté ; c’est là que Damien attentera à la vie de Louis XV ! L’histoire de cette aristocratie guerrière est également au centre du Roman arthurien, par exemple. Les rois de ces époques archaïques, ne sont que les premiers de ces aristocraties de combat et sont … élus par leurs pairs !
Ces sociétés sont des sociétés patriarcales. La « part du père » dans la filiation est ainsi assurée par un rite par lequel le père « engendre » symboliquement (la mère met au monde) et reconnaît l’enfant en le prenant sur ses genoux (symboliquement entre..) : simulacre de l’accouchement puis le présente au monde, c’est-à-dire à la communauté. Il introduit par là-même l’enfant au sein du génos, ce qui explique des mots au sens, à première vue si différents que genou et engendrer, mais dérivés de la même racine.
Egalement et entre autres, une différence entre les Sociétés indo-européenne et les autres : les premières reposent sur « une culture de la honte », les secondes sur une « culture de la faute », car la notion fondamentale est celle de l’honneur, caractéristiques des classes guerrières. Car cette éthique de l’honneur implique un lien direct avec le milieu sociologique : par un acte méprisable, on peut déshonorer son nom et par voie de conséquence ses ancêtres et ses descendants, c’est-à-dire sa lignée. Alors que dans les « cultures de la faute », caractéristiques des grands systèmes métaphysiques universalistes et orientaux, cette faute est objectivisée par le recours à un tiers suprême, qui intériorise et individualise la sanction, grâce à la notion de péché !
Les Européens que nous sommes ne sont pas très différents de ces lointains ancêtres qui, il y a plus de 10.000 ans se sont constitués petit à petit comme population homogène avec une langue et une vision du monde quelque part entre Rhin et Volga. Puis qui vers le V ème millénaire se sont dispersés pour former les peuples indo-européens. Vers le sud-est et l’Asie mineure, dont les Hittites par exemple seraient le produit. Egalement un groupe occidental aurait évolué de façon autonome donnant naissance aux peuples historiques des celtes, italiques, germains…
Le grand legs des indo-européens est donc une certaine morphologie mentale et spirituelle et il va perdurer durant toute l’histoire mouvementée de notre Europe !
II) La persistance de cet antique legs à travers 2500 ans d’histoire tumultueuse
A) Les grecs nos ancêtres et Le livre sacré des Européens (D. Venner) : L’Iliade et l’Odyssée
Composé et non écrit par Homère, Aède, au VIII siècle avant JC. Il s’agit d’un recueil d’une très ancienne tradition orale qui nous parle d’un monde qui était celui de l’époque archaïque grec, voire des traces de l’époque Mycénienne (XIII siècle avant JC) ! C’est la plus ancienne mémoire de l’Europe, voire du monde, avec quelques textes sacrés indiens ! Et l’œuvre d’Homère nous est parvenue intégralement à travers bien des époques tourmentées. C’est dire quelle vénération a dû entourer cette œuvre !
C’est toute l’antique pensée indo-européenne qui s’incarne dans l’Iliade et l’Odyssée. Comme l’a écrit D. Venner : «Ce poème sacré nous dit ce que nous étions dans notre aurore rayonnante….Il rend compte pour l’histoire lointaine, et oubliée de tous les autres Européens, Celtes, Slaves, Germains ou Scandinaves, dont les poèmes sacrés offrent des analogies constantes avec la représentation du monde révélée par l’Iliade et l’Odyssée »
l’Iliade = 15 693 vers et l’Odyssée =12110 vers, sont de véritable poèmes identitaires pour les hellènes. Platon n’appelait-il pas Homère « l’éducateur de la Grèce ». Cette œuvre est un mythe plaqué sur une réalité : des constantes apparaissent dans ces poèmes : le sens de l’honneur, la joie de vivre, le goût de l’affirmation des valeurs viriles, de l’amour et de l’amitié. Le héros européen : beau, grand, fort, courageux jusqu’à la témérité. Car pour les anciens il y a une unité de l’être humain qui identifie l’apparence physique, reflet du psychisme, et le comportement attendu dans la vie. Le corps ne peut être séparé de l’âme. Le noble héros ne peut être que beau et brave, l’ignoble étant laid et lâche.
Homère nous a légué ainsi dans leur pureté originelle, nos modèles et nos principes de vie : tout d’abord La nature comme socle, nature qui se confond avec le sacré et dont les hommes sont partie intégrante. Une nature qui n’est pas dominée, mais respectée car elle n’est pas destinée à satisfaire les caprices de l’homme.
Ensuite la beauté comme horizon : les vertus chantées par Homère ne sont pas morales, elles ne renvoient pas aux catégories du bien et du mal ; elles sont esthétiques, c’est-à-dire qu’elles renvoient au sensible et s’inscrivent dans un temps et un espace et correspondent à une catégorie d’hommes enracinés ! Rien d’universel, pas de référence à la raison pure, elle aussi sensée être universelle ! Pour les anciens, les hommes se définissent donc au regard du beau et du laid, du noble et du vil. C’est-à-dire que dans ce système de pensée, l’effort vers la beauté et l’équilibre, dont participent loyauté et vaillance, est la condition du bien !
Enfin chez Homère, le but est l’excellence ! L’homme accompli cherche dans l’action, le courage, la mesure de son excellence : « Etre toujours le meilleur » recommande Pélée à son fils Achille . Ces grecs, nos ancêtres n’espéraient d’autres ressources que d’eux-mêmes : Hector « Il n’est qu’un bon présage, c’est de combattre pour sa patrie ». Qu’on est loin de la célèbre citation bourgeoise : « l’important c’est de participer », souvent attribuée à tort au Baron Pierre du Coubertin.
B) Mais ne parler que des grecs serait passer à côté du sujet, puisque comme je l’ai montré, ce legs est commun à tous les indo-européens et il perdure au moyen âge:
Les Celtes par exemple qui firent grande impression sur les historiens anciens et sur César lui-même, par leur impétuosité, leur intrépidité et leur ardeur au combat. Ils avaient un sens élevé de l’honneur et de l’excellence, au point par exemple de se donner la mort dans la défaite. Ils aimaient les poèmes et le beau langage.
Concernant les peuples du nord, Montesquieu, dans « De l’esprit des lois » n’hésitait pas à placer les nations du nord « au-dessus de tous les peuples du monde » en ajoutant « qu’elles ont été la source de la liberté de l’Europe.. »
Pourquoi ? Parce que demeura, comme à Rome, malgré l’apparence monarchique du pouvoir, la réalité de la permanence de l’esprit aristocratique indo-européen, esprit qui imprègne les poèmes homériques.
Et la matrice de cette structure mentale originelle et originale a su se conserver au-delà de l’antiquité, qu’elle soit grecque, romaine ou celto-germanique. Et en particulier à travers le christianisme médiéval, celui d’avant la Réforme et la Contre-Réforme du XVI siècle et qui évidemment a peu à voir avec celui plus récent, issu de Vatican II.
Ce christianisme médiéval est en effet un syncrétisme entre les apports judaïques d’une religion originaire du Proche Orient et de l’ancienne tradition païenne, porteuse du legs millénaire de la structure mentale et mythique des indo-européens.
Car ce christianisme s’est européanisé et paganisé au contact des populations européennes. Le Christianisme n’est pas la première religion d’Europe, il n’est pas né de rien, il succède aux cultes autochtones qu’il cherche à assimiler plus qu’à combattre. Il y a eu en fait un véritable mécanisme de transfert culturel : c’est-à-dire que les antiques représentations du monde se sont maintenues, parfois édulcorées, parfois cachées, mais toujours là, prêtes à resurgir le moment venu.
Ce christianisme médiéval ne transmet-il pas une figure héroïsée du christ-roi ! Ne conserve-t-il pas ce lien étroit avec la nature, les arbres, les pierres et les animaux, avec par exemple ces saints qui, à l’image de Merlin, parlent avec les bêtes !
Les valeurs guerrières subsisteront par-delà l’idéologie pacifique du 1er christianisme ! Et Clovis, alors qu’on lui racontait la Passion du Christ, de s’écrier : « Si j’avais été là avec mes Francs, j’aurais vengé le Christ ».
III) Que reste-t-il de cette tradition du « long vivant »-Perspectives
Certains penseront certainement : « c’est bien beau tout ça, mais, il s’en est écoulé de l’eau sous les ponts de l’histoire depuis ces indo-européens primordiaux » Où donc s’est réfugiée cette antique mémoire, qu’en reste-t- il aujourd’hui ? Quelles sont les implications pratiques de ce legs indo-européen, véhiculé par les peuples antiques et conservé bon an, mal an par le christianisme médiéval ?
Ces implications pratiques, sont en fait décisives ! Impossible d’en brosser un tableau exhaustif, mais je peux en donner quelques exemples :
*La distinction entre temporel et spirituel, qui différencie si fortement l’Europe de la plupart des autres civilisations et en particulier de la civilisation musulmane, ce qui fait que nos deux modes de pensée sont complétement incompatibles.
Si en Europe, le temporel s’est appuyé sur le spirituel, si des hommes, des institutions ont pu posséder les deux pouvoirs, jamais pour les européens ils ont été confondus dans leur essence! C’est ce qui fait que cette distinction ait pu rendre possible l’apparition du concept de laïcité sous nos latitudes, concept incompréhensible, ou détourné de son sens chez d’autres peuples non européens !
*Autre exemple de ces permanences : Fut publié il y a quelques années un volumineux « Dictionnaire des femmes célèbres de tous les temps et de tous les pays », dans lequel les auteurs avaient réuni la biographie de 3000 artistes, aventurières, reines, sportives et amantes. Or malgré un effort pour élargir l’horizon, comme l’annonçait le titre, la quasi-totalité de ces femmes étaient européennes ou d’origines européennes !
Cette disparité vérifiait en fait une constante selon laquelle les européens, même ceux d’outre-mer, ont toujours célébré la femme, à la différence des grandes civilisations d’orient. Comme a pu l’écrire Dominique Venner : « les Européens ont toujours nourri une idée réciproque et polarisée du féminin et du masculin » Pénélope et Ulysse, Vénus et Mars, la dame et son Chevalier. Selon cette idée, on se grandit l’un par rapport à l’autre ! L’héroïsme d’Ulysse trouve son pendant dans celui de Pénélope. Cette vision n’est présente ni dans la bible, ni dans le Coran, et pas plus dans le Boudhisme…mais dans Homère ! Chez nous, comme chez les premiers indo-européens, les sens de l’honneur repose sur la bravoure au combat, sur le sens de ses responsabilités masculines et paternelles, pourrait-on dire aujourd’hui, ( les derniers héros sont les pères de famille- Charles Péguy) en dehors de toute considération de domination sur la femme ; alors que chez les musulmans, par exemple, l’honneur repose sur le contrôle du corps de la femme, dans le but de la préserver du regard et du désir des autres hommes. Choc de deux identités totalement opposées sur la perception du corps féminin et de la sexualité. J’ai en tête cette anecdote ( RMC) sur cet homme qui croise chaque matin sa nouvelle voisine, musulmane et voilée, et qui la salue respectueusement. Mais qui quelque temps plus tard se voit transmettre par le concierge une plainte du mari de la dame, qui menace notre européen trop poli de porter plainte contre lui… pour harcèlement !!
Ce comportement qui pour l’un exprime le respect et est sensé valoriser la dame est perçu par l’autre comme insultant et avilissant.
* Egalement la place accordée à la fonction guerrière a encouragé le grand mouvement d’expansion historique des Européens à travers le monde. Cette fonction a évidemment pu prendre d’autres formes comme celle du messianisme religieux ou politique, cher aux américains! Mais si l’on se place sur le plan de la psychologie profonde des peuples, aucun comportement messianique n’est possible sans cette énergie vitale et primordiale qui pousse l’Homme européen toujours plus loin, toujours plus haut ! Parfois ce besoin de combat, chevillé au corps des européens a pu être détourné de sa sphère originelle. Ainsi, ce qui me frappe souvent c’est le vocabulaire martial employé par exemple en économie: ne parle-t-on pas de conquérir des marchés, d’offensive, de campagnes publicitaires, de motiver ses troupes (commerciaux), d’agressivité….Quels peuples ont initié et tiennent le haut du pavé dans la conquête spatiale : les peuples d’origine européenne. Même si Chinois, japonais, indiens, sont d’excellents…imitateurs !
CONCLUSION
Dominique Venner a dit que « les grandes sagesses ne vieillissent pas » ! Et il est vrai que plus le monde change, plus les défis du présent paraissent insurmontables, plus les peuples font un retour à leurs traditions les plus anciennes, celle du « long vivant » : Ainsi les musulmans se tournent vers le Coran, les juifs d’Israël vers la Thora, les russes redécouvrent l’Orthodoxie, les japonais le Shintoïsme, les Indiens le Véda et les chinois le Confucianisme… Seuls les européens semblent, pour le moment, ignorer leurs racines les plus profondes, qui leur seraient (cependant ?) des plus utiles aujourd’hui ! Mais il est vrai qu’un héritage ne saurait profiter qu’à ceux qui savent l’utiliser et le faire fructifier!
Pour ma part je resterai raisonnablement optimiste, car nous avons, nous européens assez de ressources en nous, pour les temps venus, redresser la situation. Les anticorps surgiront bientôt !
Et déjà dans la culture populaire, à travers par exemple des œuvres cinématographiques récentes destinées au grand public, comme «Troie», «300 », « Le seigneur de anneaux», « Escalibur » de John Bormann…, semble renaître l’esprit du combat héroïque.
Et si le temps n’est peut-être pas encore venu, si les européens préfèrent, comme le chante Docteur Merlin « …les congés payés, plutôt que l’appel de la guerre », il viendra un jour ou nous serons obligés de faire face à notre destin. Et je terminerai en citant une seconde fois un vers de l’Iliade, dans la bouche du héros idéal qu’est Hector : « Il n’est qu’un bon présage, c’est de combattre pour sa patrie » !!!
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