Bloc-Notes

Du droit gréco-romain fondateur aux droits de l’Homme destructeurs, par Isabelle Laraque

Du droit gréco-romain fondateur aux droits de l’Homme destructeurs, par Isabelle Laraque

Lundi 26/09/2011

Professeur de philisophie, Isabelle Laraque a retracé, lors de l'université de rentrée 2011, l'évolution du droit gréco-romain fondateur aux droits de l’Homme destructeurs d'aujourd'hui, par le passage aux droits de l'homme et du citoyen de 1789.

Isabelle Laraque
L’identité européenne : du droit gréco-romain fondateur, aux droits de l’Homme destructeurs.

Tout d’abord je tiens à remercier Philippe Milliau de m’avoir conviée à participer à cette université d’été du Bloc identitaire dont je me sens proche par son refus de l’islamisation de l’Europe et l’action menée pour la combattre.

Mon intention n’est pas de faire un discours politique : dans un tel discours nous pourrions commenter et critiquer les dernières décisions du Conseil constitutionnel ou de la cour européenne des Droits de L’homme. Encore faudrait-il savoir pourquoi les Droits de l’homme sont contestables. Ne l’oublions pas, il s’agit d’une université d’été, ce qui implique une réflexion.
Nous partirons d’abord d’un constat :
Dès les années 70, nous avons assisté à un regain d’intérêt pour les droits de l’Homme avec un retour spectaculaire orchestré par les médias en 1989 : date à laquelle l’ironie de l’histoire a fait se télescoper le bicentenaire de la Révolution Française et l’effondrement de l’empire soviétique et depuis, on ne cesse de nous asséner ce nouveau catéchisme de l’ordre mondial.
La preuve : Si autrefois, le crime contre Dieu (sacrilège) était le crime suprême, aujourd’hui c’est le crime contre l’Humanité.
Ce retour en force de l’idéologie des droits de l’homme s’explique par la chute du communisme et le dépérissement des espérances révolutionnaires.
En raison de la dilution des classes sociales, de la quasi-disparition de la classe ouvrière, un parti révolutionnaire ne pouvait plus guère enthousiasmer les foules.
Alors les droits de l’homme sont venus remplir un vide idéologique.
Sans bien sûr occulter l’apport de Rome et du Christianisme dans la construction de l’identité européenne, force est de constater que son lieu de naissance spirituelle est la Grèce.
C’est elle qui a amené, une nouvelle forme d’attitude à l’égard du monde , une autre façon de questionner, c’est elle qui a inventé la philosophie.
Or les droits de l’homme étaient inconnus dans l’Antiquité grecque où le droit ne valait que dans le cadre d’une cité.
On ne parlait pas d’Humanité mais d’une multitude de peuples :les Grecs, face aux barbares, plus tard, les Romains, face à leurs ennemis
Seuls certains êtres humains y avaient des droits divers : ni les femmes, les enfants, ni les étrangers.
Les Grecs ne connaissaient pas L’Homme, cette abstraction, qui sera contestée plus tard à droite comme à gauche de Joseph de Maistre à Marx.
Cette idée selon laquelle tout être humain quelle que soit sa race, sa langue, sa culture, indépendamment de son enracinement dans une communauté particulière, a des droits, cette idée a été développée en Europe, mais elle a vocation à l’universalité.
Quand on pose la question de l’universalité des droits de l’homme, on se demande généralement si on peut les exporter dans d’autres pays, en Chine par exemple, s’il ne s’agit pas d’européocentrisme, de néocolonialisme.
Or on pourrait d’abord se demander si cette idéologie, en voulant peser sur la politique européenne,( comme si les droits de l’homme devaient être une politique !), n’est pas en contradiction avec les valeurs fondamentales de notre civilisation, n’est pas en train de corrompre l’Europe.

Je tenterai de démontrer que l’idéologie des droits de l’homme et la conception grecque de la justice (vertu essentielle de la cité Grecque) s’opposent totalement.

1- Nous verrons dans un premier temps que les droits de l’homme sont issus de deux idées fumeuses :
- Le droit naturel moderne,
- Le droit subjectif
2- Nous survolerons les déclarations de 1789 et de 1948, et nous dirons ce qui les sépare
3- Enfin par son dogmatisme, l’idéologie des droits de l’homme constitue une entorse à nos valeurs fondamentales

1- Le droit naturel

Les philosophes de l’Antiquité ont recherché ce qu’on appelle le droit naturel.c’est à dire qu’ils ont voulu se mettre en quête d’un fondement des lois, d’un critère à partir duquel on peut les apprécier, les critiquer, et éventuellement intervenir pour les corriger ou en nuancer l’application.
Qu’est-ce qui est juste par nature ?
Après avoir écarté ce qui est ancestral : les us et coutumes, les traditions, car il ne suffit pas qu’une pratique soit ancienne pour qu ‘elle soit bonne.
Puis ce qui est légal (les lois en vigueur) car des lois peuvent être injustes, les Grecs ont pris comme étalon la nature, l’ordre cosmique.
Sachant que pour eux, le cosmos est un monde clos, hiérarchisé, où chaque chose est à sa place, le juste est ce qui y correspond.
L’art politique consistait à imiter la nature en produisant dans la cité un ordre analogue à celui du cosmos.
Cf. La République de Platon (…) : La cité idéale divisée en trois classes :les travailleurs, les guerriers, les philosophes …
Cela entraîne deux Conséquences :
Ce droit naturel antique est un droit inégalitaire dans la mesure où la cosmologie est inégalitaire : le cosmos comprenant deux parties : en haut les corps lumineux incorruptibles, impondérables, en bas les corps lourds, matériels. 

Nous concentrerons nos remarques sur Aristote car c’est lui qui a exercé le plus d’influence sur le droit Romain.

Si Aristote ne conçoit plus la justice comme un idéal, pour lui la justice est réalité, Il en fait aussi une vertu au service de l’ordre, valeur associée à la beauté, à l’harmonie.

Le droit qui réalise la justice s’exerce à l’intérieur d’une cité et vise la proportion adéquate dans le partage des biens et des charges ; il consiste à attribuer à chacun ce qui lui revient en fonction de sa position.

En matière de distributions, le juste consiste en une proportion entre la quantité des choses distribuées (biens matériels, honneurs, charges) et les qualités des personnes. Les parts de chacun ne sont donc pas égales.

Puisque le juste est ce qui revient à quelque chose ou à quelqu’un en vue de sa nature et que les natures sont hiérarchisées, il est conforme au droit naturel que ceux qui s’efforcent de vivre intelligemment et de comprendre exercent le pouvoir, et que ceux qui vivent comme des brutes leur soient soumis.

Dans ces conditions, le criminel ne saurait avoir les mêmes droits que l’innocent. Nous dirions aujourd’hui que le Français de papier qui vient de débarquer ne saurait avoir le même droit que le Français de souche.

Dans la perspective aristotélicienne, ce n’est donc pas l’égalité qui est le principe du juste, mais la proportionnalité.

Le droit est le résultat d’un partage qui est proportionnel ; alors que les déclarations des Droits de l’Homme promettront à tous liberté, la sécurité, valeurs qui ne se divisent pas et qui par là n’offrent pas matière au droit.

Si dans la physique aristotélicienne, tout mouvement contrariant le mouvement naturel (un corps freiné dans sa chute) est dit « violent », dans la cité, tout acte contrariant le juste partage serait dit injuste.

Vous comprendrez alors aisément que l’inégalité en droit est la règle.

Il serait parfaitement injuste de donner les mêmes droits à tous.

Nous venons de voir que le droit naturel classique tient à la représentation que se faisaient les Grecs du cosmos.

Or, avec Galilée, la représentation de la nature  a changé :on est passé du monde clos à l’univers infini ….

Véritable révolution scientifique qui fait que désormais le monde est décentré, sans hiérarchie. Comment fonder dans ces conditions le droit sur la nature ?

Conséquence  : la nouvelle doctrine moderne du droit naturel élaboré au dix- septième siècle  va enraciner le droit non plus dans la nature mais dans la raison humaine comme si c’était « la chose du monde la mieux partagée » comme si tous les hommes étaient dotés d’une raison !

Désormais ce n’est plus la nature mais l’humain qui fondera le juste.

Le droit naturel antique propose le modèle d’un droit objectif :
Le concept de droit présuppose au minimum deux personnes entre lesquelles a lieu un partage ou un conflit et un tiers désintéressé (le juge).
Le rôle du juge étant de déterminer la part de chacun. C’est à lui de réaliser le droit en établissant la juste proportion.
Le droit est alors conçu comme partage, répartition.
Pas de droit sans juges et il n’est de juges que dans des cités organisées. Pas de droit subjectif dans le Droit romain :donc pas de droit de propriété ni de droit de créance.
C’est par dérivation, glissement de sens,  le mot droit pourra plus tard désigner non plus le partage mais la part revenant à chacune des personnes, le droit de chaque individu. « J’ai le droit de » .
Et l’on assiste à l’émergence du droit subjectif (en anglais right) le droit signifie désormais le pouvoir, ou la liberté de telle ou telle action que les pouvoirs publics garantiraient.

Reconnaître à l’homme des droits naturels équivaut à lui reconnaître un certain nombre de pouvoirs sans quoi il ne serait plus un être humain.

Alors que selon Platon et Aristote la société civile est antérieure à l’individu qui en est le produit ou le microcosme (d’où l’importance des devoirs) ,   le philosophe anglais Hobbes, fondateur de la théorie moderne du droit naturel  refuse le postulat de la philosophie grecque qui fait de l’homme par nature un animal politique et n’envisage que des individus isolés.

Alors que selon les Grecs l’homme ne pouvait atteindre sa perfection qu’à l’intérieur et au moyen de la société, Hobbes considère l’individu comme antérieur à la société civile. Tout individu et pas seulement une élite (comme le pensaient les Grecs) doit être considéré comme un être complet indépendamment de la société civile.

Or c’est de cette « subjectivisation » de la pensée juridique que sont nés les Droits de l’Homme

Ils entrent dans la catégorie des droits subjectifs, des pouvoirs, des libertés ;ils consacrent l’intérêt particulier de chacun.

Dans ces conditions, n’importe quelle revendication individuelle peut devenir un droit. Il suffit qu’il se forme un consensus autour de la reconnaissance de tel ou tel droit subjectif et cela devient un droit de l’Homme ! Cela explique la prolifération des droits de l’Homme dans la Déclaration universelle de 1948. Nous y reviendrons.

En résumé :

Nous avons assisté à une transformation profonde de la doctrine du droit naturel

C’est sur la théorie moderne du droit naturel élaborée par des non-juristes (Hobbes et Locke), non sur la théorie antique que vont s’enraciner les Droits de l’Homme .

Avec les Droits de l’Homme, nous assistons à un retournement radical par rapport à la conception classique :
- La nature n’est plus l’étalon du droit.
- Le droit est subjectif

2- Les déclarations de 1789 et de 1948

a) La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789

Elle est censée exposer les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme.
Ce fut une arme défensive contre l’arbitraire royal comme une défense de l’individu contre l’Etat.
Notons le rôle inspirateur joué par le modèle américain de la Déclaration d’indépendance de 1776 ! C’est La Fayette qui proposa le projet sur lequel il a consulté le représentant des USA : rien moins que Jefferson….
Seulement, la France n’est pas l’Amérique. Les Américains ne sont pas les Français. La différence est énorme entre un peuple naissant qui revendique son indépendance et s’annonce au monde et un peuple à la longue histoire qui depuis huit siècles obéit à la même dynastie.
Et surtout : La Déclaration française ne devait être que le préambule de la Constitution.
Il s’agit moins de déclarer les droits que de se constituer.
D’où le titre :Déclaration…et du citoyen :ce qui signifie conformément aux principes du Contrat social de Rousseau, lui-même nostalgique de la cité grecque, que l’homme ne peut jouir de ses droits qu’à l’intérieur d’une cité ou d’un Etat :
Il s’agit de dégager les droits naturels des hommes que la loi doit consacrer. Puisque les députés ne sont pas incontestables dans leur rôle, ce sont les principes mêmes qui dicteront la constitution.
Déclaration c’était soi-disant rendre clair ce qui a été obscurci.
Ces droits préexistent soi-disant.
Ils se constatent ; ils ne s’inventent pas.
En les énumérant l’Assemblée Constituante n’aurait fait que les découvrir (ôter le voile) et faire en sorte qu’on ne puisse les recouvrir !
Vaste plaisanterie !
C’est oublier que les débats ont été menés dans un contexte chaotique, que cette déclaration a fait l’objet au cours de sa rédaction d’infiniment de négociations et de compromis, qu’elle a été rédigée hâtivement, en six jours, du 20 au 26 août 1789,  que les co-rédacteurs n’ont cessé de se chamailler au cours d’interminables séances !
Enfin, le texte écrit sur un fond de réticence et de mauvaise foi a beau se parer d’une aura mystique « en présence et sous les auspices de l’Etre suprême » il est reconnu comme inachevé.
Bref, sa production a été laborieuse, difficile :ce qui explique les reprises en 1793, 1795, 1848.
Cette Déclaration fondatrice laisse apercevoir, par ses contradictions et ses équivoques, l’illusion politique. Elle est irréaliste à maints égards.
Pour ne prendre que quelques exemples :
• Article 1 : « Les hommes naissent libres et égaux en droit ».
Or l’esclavage était maintenu dans les colonies !
• Article 2 :Enumération des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme, parmi eux : la résistance à l’oppression.

Interrogeons-nous :
Tout citoyen a-t-il le droit d’avoir des armes chez lui ? Si oui : Pour la résistance commune ? Pour sa propre résistance ? C’est loin d’être évident. Encore faut-il savoir ce qu’on entend par oppression .
• Article 10 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ». Ce fut l’article le plus attaqué  .
La séance tourna à l’orage entre catholiques et laïcs.
Les uns voulaient que la liberté d’opinions et la liberté de culte fussent indéfinies ; les autres que la liberté d’opinions fût restreinte et que le catholicisme conservât son privilège de religion dominante.
• Article 17 : portant sur le droit à la propriété :De qui se moque t-on ?

A t-il empêché les confiscations des biens des ennemis de la Révolution ?
Enfin les sept derniers articles ont été adoptés les 24 et 26 août dans la précipitation.
Cette déclaration est inachevée ! La suite promise demeure inconnue.
Et la terreur, les massacres…  N’y a-il pas plus radicale négation des droits de l’Homme ?
Ces droits (remarquons-le en passant) sont aujourd’hui de plus en plus bafoués par ceux qui se croient d’authentiques républicains.
Exemple : Qu’advient-il de l’article 10 lorsque les musulmans bloquent, chez nous, des rues pour leur prière du vendredi ?
Autre exemple : Qu’advient-il de votre droit à la propriété (revendiqué aux articles 2 et 17) si votre maison est occupée par une famille africaine ? !
Quant aux libertés d’opinion, d’expressions (articles 10 et 11), parlons-en : que sont-elles devenues, en France aujourd’hui depuis les lois Pleven, Gayssot, Taubira, et la sinistre Halde ?

Et les devoirs ?
Logiquement, une déclaration des droits appelait celle des devoirs.
Plusieurs députés s’exprimèrent en ce sens d’une nécessité d’un contrepoids, mais leur revendication ne trouva pas d’écho.
Dommage car l’oubli des devoirs conduit à l’anarchie.
La liberté est alors prise pour licence, la résistance à l’oppression devient l’intolérance à tout ce qui dérange.
Le droit d’insurrection qui appartient au peuple opprimé est regardé, comme le droit inaliénable de tout individu à qui il plait de dire que la liberté publique est menacée, que les droits de l’Homme sont violés.
Cette déclaration devient alors un instrument d’anarchie.
La Déclaration de 1789 a donc ouvert la boîte de Pandore !
Toutefois elle implique que l’Homme ne peut jouir de ses droits qu’à l’intérieur d’une cité.
Longtemps limitée aux cadres nationaux, la préoccupation des droits de l’Homme s’est affirmée sur le plan international lorsque l’ONU a voté la charte proclamant les principes dont devait s’inspirer la politique de tous les Etats.

D’où :

b) La Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948

Cette fois, la thématique n’est plus anti-monarchique, elle est anti-totalitaire.
Elle constitue une arme défensive d’abord contre le fantôme de Hitler ! Et plus tard à l’Est contre le communisme : elle fut brandie par les dissidents qui ne savaient pas trop par quoi ils allaient le remplacer.
Une remarque : Le mot « citoyen » est gommé : Seul figure l’Homme !
Cette Déclaration est longue : trente articles au lieu de dix-sept en 1789.
Elle est angélique :
Elle interdit la torture (article 5). Ben voyons ! Les interventions policières à domicile (article 12)
A t-on songé au terrorisme ?
Elle appelle à la fraternité universelle.
Et surtout : on voit apparaître à côté des droits-libertés déjà proclamés en 89 un autre type de droits : droits- créance définissant non des pouvoirs d’agir opposables à l’Etat, mais des pouvoirs d’obliger l’Etat à un certain nombre de services.
Elle multiplie les revendications de droits de plus en plus fumeux :
Droit à des congés payés périodiques (article 24)
Les articles 23 à 27 sont consacrés au droit au travail (et non, droit du travail) ,   au libre choix de son travail, comme si c’était possible en période de crise économique ou au lendemain d’un séisme.
En France, les deux millions huit cent mille chômeurs n’en sont pas plus avancés !

La considération des droits-créances implique que l’on attende de l’Etat la capacité de fournir des services et que par conséquent on accepte un accroissement de son pouvoir afin qu’il soit à même de répondre aux demandes.
Tous ces droits, le droit à la sécurité en cas de maladie, de veuvage, de vieillesse, ne peuvent être accordés que dans le cadre d’un Etat suffisamment riche disposant d’une démographie appropriée.

Or cela ne se décrète pas dans l’abstrait.

Le droit à la gratuité des soins pour les clandestins, le droit au logement que revendiquent nos braillards des enfants de Don Quichotte et qui plombent nos démocraties s’inspirent de ce texte délirant.

L’Etat ne doit pas faire obstacle à l’exercice de ces droits.

Paradoxe : Elle a un accent anti-politique et elle tend à s’imposer comme seule politique !...
On fait trop souvent usage des droits de l’Homme au profit des voyous contre les victimes, des agresseurs contre les braves gens.
Lorsque des Chrétiens sont massacrés, égorgés, en Indonésie, en Egypte, on ne les entend plus guère les professionnels des droits de l’Homme !
Et pire :
Sont membres des Nations Unies des Etats qui ne respectent pas les droits de l’Homme (exemple : l’Arabie Saoudite)
Alors que devient alors l’article 4 ?
Article 4 : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude. Or l’esclavage perdure au Soudan, en Mauritanie, dans les pays du Golfe.
Article 18 :Droit de changer de religion. Et l’apostasie punie de mort dans l’Islam ?
Article 14 :Droit d’asile en cas de persécution : abus en la matière ….
L’Europe devrait accueillir tunisiens, Libyens, Egyptiens,
Mutation du droit : On est passé du droit de (droit à la sûreté de sa personne, droit de circuler librement) au droit à.
Ce n’est plus l’individu qui a une dette envers l’Etat, c’est l’inverse.
C’est l’Etat-Providence qui doit accorder un certain nombre de services : droit à l’emploi désiré, aux loisirs. ). Il est jugé sur ses capacités de fournisseur.
L’individu est valorisé au détriment du citoyen.
On est passé d’une volonté de contestation, de résistance (à la monarchie absolue, au totalitarisme) à des exigences de plus en plus fantaisistes.
À l’heure actuelle, nous assistons à une extension des droits, de plus en plus divers, de plus en plus fumeux
Articles 22 et 24 : Revendications indécentes dans le tiers-monde
Article 25 : Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation. Pour l’habillement, le logement, les soins médicaux, ainsi que pour les services sociaux nécessaires, elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse.
Qu’est-ce qu’un niveau de vie suffisant ? Le niveau de vie suffisant aux yeux d’un Africain ou d’un Roumain paraîtrait une misère à un Français . Pourquoi ne pas revendiquer le droit aux sports d’hiver ?

Les droits de l’Homme ne sont qu’un idéal.

Droits contradictoires : ainsi, le droit à la sécurité demeure vide de sens si ne sont pas renforcés les pouvoirs de la police.

Ils promettent trop ! Ils font de fausses promesses intenables.
Cette Déclaration est impuissante et elle n’est universelle que dans son esprit.
Et voilà qu’aujourd’hui, le nombre des nations reconnues par l’ONU a été multiplié par quatre. Un tiers des sièges est occupé par des musulmans qui font bloc.
En 2003, a été élue à la présidence de la commission des droits de l’Homme une libyenne qui a débuté son premier discours par une prière « Au nom d’Allah, le Miséricordieux, je vous salue au nom de l’Islam  ».
Le génocide perpétré par Khartoum contre les Chrétiens du sud Soudan ne fit jamais l’objet d’un traitement particulier de la part des Nations Unies et le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU qui organise régulièrement des conférences sur le racisme et l’esclavagisme ne condamne jamais l’esclavage passé et présent de certains pays arabo-islamiques.

Sur les 193 membres, les pays européens (50 environ) sont minoritaires.

3- Destruction de l’identité européenne

- Les droits de l’homme fournissent une critique sans explication ni proposition
Alors que parmi les principales valeurs de l’Europe vient en tête la liberté de pensée par soi-même, l’esprit de libre examen,
Alors qu’Athènes avait instauré le débat dans la vie publique, et invité les citoyens au dialogue,  ce que Platon appelait la dialectique, l’idéologie des Droits de l’Homme est dogmatique : elle assène !
Elle relève les manquements à ces impératifs, vit de la dénonciation, appelle à l’indignation, et ainsi se prête à la prise du pouvoir intellectuel par les médias.
C’est là que le militant rencontre le journaliste : ensemble ils collaborent dans la recherche de l’image choc, dénoncent l’insupportable, l’inacceptable avant de hurler avec les loups qu « ’il faut faire quelque chose » !
Comme tout fanatisme, elle exclut le doute.
Elle réclame émotion mais aucune réflexion !

À partir des droits de l’Homme , peut-on fonder autre chose qu’une protestation ? La référence aux Droits de l’Homme permet seulement d’opposer à l’Etat un certain nombre de griefs. Or au sein d’une société il y a toujours matière à râler !
Tombeau de la politique.
Les politiques s’ils veulent gagner des voix doivent alors se plier à cette célébration de l’Homme, se monter sensibles au malheur du monde.
Ils sont tenus d’afficher cette nouvelle religion des droits de l’homme et tiennent à peu près le même discours.
Il s’ensuit un désintérêt pour la chose publique.
Fournissent-ils une pratique politique ?
Non ! C’est plutôt le refus de la politique :pas d’autre perspective que de défendre des libertés formelles et des droits individuels.
Aucune grande vision de l’avenir. De ce fait, nous assistons à une éclipse du politique :non pas qu’on ne parle plus de politique, qu’on ne fasse plus de politique mais la politique n’a plus (excepté dans nos cercles) cette puissance de mobilisation et de conviction dont elle bénéficiait naguère.
Elle alimente une antipolitique de principe les gens n’étant soucieux que de leur bonheur privé.
Les droits de l’homme : Idéologie sans vraie consistance. Notion confuse et illusoire qui ne s’enracine guère dans les valeurs profondes de l’Europe.

- Rien à voir avec la Grèce, ni Rome, ni même le Christianisme :aucune trace chez un grand théologien comme Thomas d’Aquin, et la papauté jusqu’à Jean XXIII, ont plutôt manifesté de l’hostilité à l’égard des Droits de l’Homme !

Loin d’être le prolongement légitime de l’idée de droit telle que les Grecs puis les Romains l’avaient conçue , cette idéologie qui nous vient des anglo-saxons n’a pas d’autre perspective que de défendre des libertés formelles et des droits individuels. Elle est issue de la tradition individualiste du droit naturel moderne dans son effort pour construire la communauté à partir de l’individu.

Elle privilégie l’individu ! Comme si chacun pouvait vivre seul dans son coin !
De ce fait elle méconnaît totalement l’enracinement des hommes dans un peuple.

Isabelle Laraque
Aix en Provence Septembre 2011

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