Intervention de Philippe Perchirin lors de l'université de rentrée 2011
Dimanche 25/09/2011Les modèles universels permettent la dictature des marchés

Les modèles universels permettent la dictature des marchés
1. Deux visions du monde : idéalisme contre scepticisme / empirisme / relativisme (des termes à préciser, « prudence » ou « mesure » seraient peut-être plus judicieux)
Comprendre les questions fondamentales qui se posent à notre temps et la source la plus profonde des maux qui nous accablent, c’est d’abord comprendre qu’il y a deux visions du monde diamétralement opposées, dont les conséquences métaphysiques, épistémologiques, morales et bien sûr politiques, économiques et sociales sont par conséquent diamétralement opposées.
La première de ces visions est celle de l’idéalisme : les idéalistes croient qu’il y a une et des vérités absolues obtenues par illumination divine.
L’idéalisme est la source de toute pensée terroriste, dont dérivent la morale autoritaire, le rejet du rationalisme en science, et la théocratie en politique.
Avec les idéalistes, il n’y a pas de discussion possible : celui qui n’est pas d’accord est un suppôt de Satan. Il faut donc le tuer.
Le doute est un péché (« heureux celui qui croit sans avoir vu »). L’idéalisme est irrationnel et combat la science et le principe de raison (notons que plus tard, après que la science a installé l’autorité de sa méthode diamétralement opposée à l’idéalisme, divers idéalismes ont eu tendance à voir dans la « prétention scientifique » une source de terrorisme intellectuel permettant d’interdire toute contestation. Ils ont donc déclaré que leur foi était une science. C’est ainsi qu’est né, par exemple, le terme absurde de « matérialisme scientifique », dont la contestation était donc censée être « irrationnelle ». Il s’agit d’un non-sens et d’une perversion du sens des mots : le matérialisme est bien entendu une foi et non une science). La vérité ne résulte pas de l’observation et de la constatation des faits et du raisonnement, mais de la conformité aux dogmes. La réalité et les faits sont niés s’ils contredisent les dogmes. Voir ce que l’on voit et le rapporter est un crime, un péché et une hérésie graves punissables par les tribunaux religieux et politiques.
L’Etat et la société tirent leur légitimité de la vision de « l’idée céleste ». La « mono-idée » sacrée : dans les temps anciens le ou les Dieux (Amon-Ra, Aton, Inti, le Ciel, le Dieu juif, chrétien et musulman etc.). Les « grandes idées » des idéologies profanes et séculières ont plus tard pris le relais : citons, sans aucune exhaustivité, la « nation », le « prolétariat », et aujourd’hui de multiples avatars (l’« Europe » conçue en fait comme mensonge masquant en fait la bureaucratie européiste théocratique et antidémocratique - au lieu de l’idée civilisationnelle d’une Europe démocratique des peuples que nous appelons de nos vœux, le « marché mondial sans entraves », les « droits de l’homme et du citoyen » abstraits fondés sur le déni de tous droits et de toute dignité aux êtres humains incarnés). C’est le fondement idéologique de la théocratie.
Les idéalismes ont leurs prophètes anciens et modernes. Les grands prophètes anciens sont des orientaux, ce qui n’est pas un hasard. Plus tard il y a eu Platon, Saint Augustin, les rationalistes, Rousseau, Hegel, Comte, Marx…
La seconde de ces visions est plus diffuse et plus difficile à définir. On peut parler de scepticisme (au sens de prudence et non de stricte et définitive suspension du jugement), d’empirisme, de relativisme (non au sens de « tout se vaut » mais plutôt de « une certaine vérité est valable dans une configuration donnée » (elle cesse donc éventuellement d’être vrai en cas de changement de situation. Le point commune : c’est l’ « hypothèse prudente » qui est source de la connaissance, d’une morale de la mesure, de l’Etat vertueux…
L’idéalisme est en fait une forme de démesure. Les Grecs ne niaient pas les idéaux ni même leur valeur. Ils voyaient un problème dans la démesure (ὕϐρις) qui est fille de l’impiété, du manque d’humilité vis-à-vis des Dieux. Ceux-ci punissent ceux qui les défient en leur envoyant la vengeance divine, la Νέμεσις. Les prétendus « prophètes » sont donc des impies, car ils se prennent pour Dieu… Ils usurpent le nom de Dieu afin de soumettre leurs prochains à leur propre délire et à leurs instincts les plus sombres et les plus sordide…
L’idéal grec est la mesure (μέτρον) qui est respect de la raison et de l’ordre voulu par les Dieux olympiens ainsi que de la parole juste (λόγος).
Il n’y a pas de vérité absolu ou celle-ci est inaccessible (Dieu est caché, inaccessible, ou ne s’occupe pas de nous).
La prudence s’impose : « Je sais que je ne sais rien ».
La mesure est la marque de la piété, c’est-à-dire de l’humilité face aux Dieux tout-puissants. Je ne dois pas me prendre pour eux. Chacun doit rester à sa place, les hommes et les Dieux.
Les idées sont des hypothèses, des interprétations procurées par un tout petit Dieu personnel : le génie romain par exemple. Une toute petite étincelle du feu divin et non ce feu tout entier... La discussion avec l’autre, mon partenaire et mon compétiteur et non forcément mon ennemi (il le sera s’il est idéaliste, parce que ce sera sa propre attitude dès le départ), permet de mieux cerner les multiples et complexes facettes contradictoires des sujets dont la vérité ultime est impénétrable.
Le doute et l’exploration des contradictions sont la source même du meilleur savoir pouvant être acquis.
L’expérience (empirisme) est fondamentale. Ce « qui marche » est vertueux. Seuls les faits tangibles soumis à la raison nous autorisent à porter des jugements vertueux sur les hypothèses.
Les modalités de la conduite de l’Etat doit donc être négociée entre les citoyens. Dans la mesure et l’équilibre de toutes les parties prenantes.
Les philosophes qui ont défendu cet état d’esprit sont les sophistes, Aristote, les empiristes et les pragmatiques anglo-saxons, Voltaire et Montesquieu, plus récemment Camus, Aron en France, Popper en Grande-Bretagne… La liste n’est bien entendu pas exhaustive.
2. Les conséquences politiques de l’opposition des deux visions du monde précédemment citées : l’opposition entre la théocratie (fondée sur la mono-idée universaliste, la vérité absolue) et la démocratie véritable (fondée sur les hypothèses des hommes dans toutes leurs contradictions, entre lesquelles il a été tranché par synthèse des opinions, vote etc.)
3. Rapide passage en revue des théocraties d’origine : il s’agit notamment des monarchies moyen-orientales, extrême-orientales (Chine) ou encore amérindiennes (Aztèques, Maïas, Incas…).
Bien sûr, le califat islamique est une théocratie …
Mais il existe un dualisme européen, à l’origine (théocratie/démocratie) :
Athènes : prépondérance de la classe moyenne, démocratie directe y compris au niveau de l’initiative des lois, séparation et équilibre des pouvoirs, équilibre des ordres, des classes et des tribus dans la seule Attique, limitation des mandats, existence de contre-pouvoirs, liberté de conscience et de parole, propriété et liberté du commerce
contre Sparte : prépondérance de la caste guerrière sur les hilotes esclaves, fusion des pouvoirs, mandats à vie, collectivisme économique et social, économie dirigée, absence de monnaie, autarcie, idéologie guerrière de l’Etat
Autre dualisme européen :
La république romaine : équilibre très subtil des ordres, des castes et des classes, des tribus romaines et des peuples italiens et non italiens, démocratie directe, séparation et équilibre des pouvoirs, limitation des mandats, existence de contre-pouvoirs
contre le Principat (l’empire) romain... où les institutions de la république sont conservées mais totalement vidées de leur sens, tous les pouvoirs étant concentrés entre les mains du « princeps » (premier des citoyens) qui est commandant en chef de l’armée (imperator), « césar » (Caesar), « père de la patrie » (Pater Patriae qui annonce les notions de duce, Führer, guide suprême, líder máximo…), chef du clergé païen = « grand pontife » (Pontifex Maximus) etc.
Le dualisme européen se poursuit au moyen-âge européen : le Roi est certes oint et vicaire de Dieu sur la terre, mais son pouvoir est contrebalancé par les ordres et leurs corps constitués au cours des révolutions communales des 12ème-13ème siècles. Les contre-pouvoirs locaux (paroisses, corps de ville) et provinciaux (Etats provinciaux) sont très autonomes (contrairement à maintenant !). En France, il existe une opposition en pays d’Etats (avec des contre-pouvoirs, comme les pays du nord de l’Europe) et les pays d’élection (sans contre-pouvoirs, qui annoncent donc la (fausse) république jacobine.
On observe une tendance lourde à la théocratisation du pouvoir central royal français après 1589 : plus de réunion des Etats Généraux jusqu’en 1789, politique absolutiste de Louis XIV.
Historiquement, la démocratie n’a jamais existé qu’en Occident où elle toujours dû y lutter contre les tentatives démocratiques. Le reste du monde n’a jamais connu de démocratie.
4. Les théocraties modernes : le jacobinisme, père des nationalismes et des socialismes – les totalitarismes du XXème siècle
La révolution française donne naissance à l’idéologie du nationalisme. La France n’a jamais été créée par un « peuple français ». La France est l’Etat créé par les rois de France par conquête, rachat, soumission, héritage des peuples de langue d’oïl, des Occitans et des Catalans, des Bretons, des Basques, des Corses, des Alsaciens-Lorrains de langue germanique, des Flamands… unis par le lien féodal au roi qui est vicaire de Dieu sur la terre. D’où la possibilité de conserver une certaine diversité intérieure (comme cela a été le cas pour l’empire austro-hongrois jusqu’en 1918).
La « nation » est en fait un mythe, une perversion de la notion romaine de « nation » qui désignait le peuple naturel (notion ethnique et culturelle) par opposition à la citoyenneté (notion juridique) : Apulée par exemple explique, dans l’introduction à son œuvre « Les métamorphoses » plus connues sous l’appellation de « L’âne d’or » qu’il est citoyen romain (notion juridique, droits et devoirs politiques…) mais de « nation berbère » (car son père est numide et sa mère est gétule, deux tribus berbères). La « nation » française est un faux peuple derrière lequel se cache la déification de l’Etat. Elle est rendue obligatoire par la fin de la royauté et donc la rupture du lien féodal du plus humble paysan jusqu’à Dieu (« La nation, la loi, le roi »).
Elle rénove la théocratie en en changeant les étiquettes au lieu de l’abolir. Elle nie les vrais peuples charnels pour les remplacer par un peuple théorique et abstrait qui doit être construit sur l’éradication des identités des peuples naturels, des ethnies réellement existantes.
C’est ce mensonge initial, ce péché originel qui explique l’évolution actuelle : le peuple n’existe pas en France. Il n’y a pas de citoyens, mais seulement des sujets (inversion des mots et des sens). Il n’y a pas d’êtres humains libres et dignes, mais seulement des objets appartenant à l’Etat. Le « peuple », la « nation » est une construction de l’Etat théocratique qui décide en fait de tout en son sein. En France, il est clair que la caste des fonctionnaires dirige tout et que la « république » française, la « démocratie » n’est qu’un leurre. De là à changer au besoin de peuples au gré des besoins il n’y a qu’un pas… la « patrie des droits de l’homme » a toujours allègrement foulé ces derniers aux pieds. Toutes les idéologies de l’Etat français n’ont jamais été que posture, imposture, pensée magique et prestidigitation…
La révolution française a répandu les nationalismes (idée de la « nation ») partout dans le monde : Europe, Amérique du Sud, Asie (Japon, Chine…). Dans les ex-colonies en donnant naissance aux mouvements indépendantistes et plus tard aux nationalismes arabes et africains (notons que l’anticolonialisme est l’adoration du nationalisme des autres accompagné de la haine du nôtre, aucune cohérence intellectuelle n’étant requise en pensée magique). Et aussi les socialismes (découlant de l’idée de l’égalité absolue indistincte – le slogan de « liberté, égalité, fraternité » étant un autre mensonge – comprise comme égalitarisme, c’est-à-dire comme négation des irréductibles différences individuelles, comme indifférenciation ne tenant pas compte des mérites et des efforts de chacun en encourageant à la revendication illimitée de droits farfelus sans devoirs en contrepartie).
Les totalitarismes du 20ème siècle sont les théocraties ultimes issues de cette évolution. Les 60 millions de morts des guerres mondiales y compris les victimes de la Shoah et les 100 millions de morts du communisme sont donc les victimes de la punition des Dieux, de la Νέμεσις.
5. Il ne faut pas confondre les vrais « Droits de l’Homme et du Citoyen » et un « Droit de l’hommisme » manipulateur, hypocrite et mensonger fondé sur une morale à la géométrie plus que variable. En France, nous n’avons ni démocratie locale, ni démocratie provinciale, ni élections démocratiques, ni démocratie sociale, ni démocratie judiciaire. Notre caricature de parlement vote, à tour de bras et dans la confusion la plus totale, des lois ubuesques et kafkaïennes sous la pression de lobbys multiples et variés qui ont totalement éradiqué les droits civiques et politiques du peuple dans les faits. La constitution est violée tous les jours. Nos tribunaux appliquent des lois politiques jugeant l’intangible, c’est-à-dire des intentions supposées qui, en l’absence d’actes, trouvent leur fondement même dans les accusations des polices politiques, c’est-à-dire des associations supposées défendre les causes de groupes menacés dont elles n’ont pourtant reçu aucun mandat, mais qui sont en fait des créations entièrement financées par l’Etat, qui leur a en fait concédé le monopole de la diffamation, de l’incitation à la haine et de la discrimination. C’est-à-dire que la violation quotidienne des lois et principes qu’elles sont censées défendre sont le fonds de commerce et l’activité quotidienne même desdites politiques. Ce honteux viol quotidien de tous les principes d’un Etat de droit démocratique est ensuite prolongé par l’application discrétionnaire des lois qui a entraîné une situation honteuse d’arbitraire, les médias n’ayant plus qu’une fonction de désinformation, de désinformation, de bourrage de crâne, de lavage de cerveau et d’abrutissement des gens. La France vit dans la pensée magique la plus arriérée. Une situation qui pourrait s’aggraver.
Les défenseurs des « Droits de l’Homme » sont donc des partisans passionnés de ces derniers en Chine, en Afghanistan, en Irak ou en Lybie. Il ne s’agit là que d’odieux numéros de claquettes visant à masquer, derrière des nobles idées que l’on méprise en fait totalement, des motivations infiniment moins honorables.
En France, les faux défenseurs des « Droits de l’Homme et du Citoyen » en ont été en réalité les fossoyeurs, et sont portés par une haine et un rejet farouche et inconditionnel de la démocratie.
6. L’ultralibéralisme mondialiste (que j’opposerai à un libéralisme modéré) consiste à réduire l’homme à l’homo oeconomicus, nouvelle vision universelle d’un homme abstrait unidimensionnel, sans passé, sans civilisation, sans valeurs, un extraterrestres zombifié…
L’homo oeconomicus y est réduit à ses fonctions de producteur et de consommateur sans âme, sans culture (cf. Adorno), sans valeurs, sans patrie.
Il s’agit d’un dévoiement hubristique du libéralisme politique qui crée, au nom de belles idées en théorie, un marché mondial dans lesquelles aucunes conditions de « concurrence libre et loyale, sous le contrôle de l’Etat gendarme » ne sont réunies dans les faits.
La destruction des frontières entraîne des désordres fous. La superclasse mondialiste se prend pour les Dieux. La démesure de l’ὕϐρις est là. Gare à la colère des Dieux, gare à la Νέμεσις… La Νέμεσις est en fait immanente à l’ὕϐρις. Ceux qui défient les Dieux par leur démesure se détruisent eux-mêmes.
7. La construction actuelle de l’Union Européenne est celle d’une théocratie résultant d’un bilan erroné des causes des catastrophiques guerres mondiales
La fin des nationalismes, oui
Abolir les guerres en Europe, oui
Marché commun oui – protégé de l’extérieur dans une aire civilisationnelle et économique suffisamment homogène comme c’était encore le cas lorsqu’il y avait encore le tarif extérieur commun.
Mais le délire uniformisateur des bureaucrates bruxellois est criminel (outre l’absence de légitimité démocratique de l’UE qu’il faut corriger impérativement). La démocratie suppose un Etat sur trois niveaux (local, provincial-régional, fédéral). Cela suppose qu’on doit tolérer les différences et même la concurrence entre les 3 niveaux de l’Etat et sur chaque niveau.
8. La crise contemporaine (caractéristique des débuts de siècles, les expériences de 1789 – 1815 et de 1914 – 1945 ne sont pas de bon augure) nous mènera à des très grandes souffrances jusque vers 2050 peut-être :
Plutôt que de dire que « les modèles universels permettent la dictature des marchés », je dirais que notre monde est ravagé par une espèce de déchirure de l’espace-temps qui a ouvert des brèches entre plusieurs mondes parallèles auparavant étanches, et dont le libre contact désormais permis par la destruction des frontières donne naissance à des monstres venus de différents ailleurs, mais qui sont unis, dans une symbiose maléfique, parce qu’ils partagent le même caractère universaliste abstrait et idéaliste fanatique :
- l’Union Européenne construite comme institution anti-démocratique fondée sur le délire harmonisateur centralisé,
- les Droits de l’Homme (chez les autres, surtout pas chez nous ! en fait les socialismes internationalistes) en tant qu’amour de « l’humanité » fondée sur la haine des individus concrets, des peuples et des cultures,
- l’ultra libéralisme comme religion de l’homo oeconomicus robot producteur et consommateur unidimensionnel, et finalement
- l’Islam comme communauté universelle de l’oumma sans frontières, sans patries, sans terroirs, sans liberté de conscience et d’expression et sans choix de vie personnel parce que royaume unique sur terre du Dieu unique omnipotent, omniscient etc.
Conclusion :
Les idéologies universalistes sont anti-identitaires, c’est-à-dire antihumanistes. L’identité est ce qui fait l’autodétermination c’est-à-dire la liberté personnelle et celle des peuples. Mon identité est mon moi profond, son viol est le premier des crimes contre l’humanité compris comme celle des individus et des peuples incarnés. Il va sans dire que tous les universalismes veulent, en imposant leurs délires constructivistes et abstraits, déterminer les individus et les peuples de l’extérieur, c’est-à-dire les priver de leur âme, de leur liberté, de leur vie et de tout ce qui en fait leur humanité – dans leur imperfection. Les chantres de la « diversité » en sont en réalité les fossoyeurs, les démiurges gnostiques obsédés par l’idée délirante et cauchemardesque de créer un désert peuplé de zombies réduits à l’esclavage.
La liberté, c’est l’autodétermination des individus, l’autonomie des peuples, le respect des identités.
Philippe Perchirin
Septembre 2011
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