Fabrice Robert s'explique dans Minute sur les rumeurs d'alliance avec le Front National
Mercredi 14/09/2011 - Par MInute | 14 septembre 2011 | Propos recueillis par Patrick CousteauAlliance électorale : « Le Bloc est à prendre à 100 % … ou à laisser »
Source Minute 14 septembre 2011
Le Bloc identitaire tenait son université d’été ce week-end, dans le Var. La principale nouvelle est le retrait du candidat identitaire de la course à la présidentielle, sur fond de rumeur de ralliement au Front national. Fabrice Robert s’explique.
Minute: La grande actualité de votre université d’été, c’est le retrait du candidat du Bloc identitaire, Arnaud Gouillon, de la course à la présidentielle. Comment analysez-vous cet échec ?
Fabrice Robert : Ce n’est pas un échec, car la logique électoraliste n’est pas au cœur de la démarche politique du Bloc. L’élection présidentielle, comme toute élection, n’est qu’un moyen de faire avancer les idées identitaires mais, au lendemain de l’élection, les problèmes qui se posent à la France et à l’Europe seront toujours là.
Sur le plan pratique, nous ne renonçons que pour des raisons financières, mais, en quelques mois, en faisant avec les moyens du bord, nous avons réuni 76 promesses de signatures: c’est autant que le NPA d’Olivier Besancenot. Pour une petite structure comme le BI, c’est franchement une belle victoire !
Ensuite, cette expérience nous a permis de constater que nos thématiques étaient en phase avec les réalités vécues par les élus locaux. Nous avons créé un maillage de maires sympathisants, avec lesquels nous allons lancer des projets. Nous avons aussi profité de la campagne pour structurer le mouvement car, à chaque fois qu’Arnaud prenait la parole dans une ville, il y avait des ré unions militantes et la presse locale était présente, ce qui accroît notre visibilité. Le plus important, c’était de porter nos idées au cœur du débat et de nous faire con naître du plus grand nombre.
Quelles perspectives, maintenant ? Les législatives, les européennes de 2014 ?
Pas spécialement, nous voulons surtout développer notre mouvement au niveau de la base. Nous allons prochainement lancer une nouvelle vague d’actions, sur le modèle de l’apéro saucisson-pinard ou des Assises de l’islamisation… Rendez-vous compte que, grâce à nos initiatives, il est désormais interdit de prier dans les rues, spécialement à la Goutte d’or (voir « Minute » 2528), où le maire socialiste, Daniel Vaillant, se désole pour les musulmans qui devront désormais aller dans une caserne désaffectée. Sans nous, Marine Le Pen ou les députés de la Droite populaire n’auraient jamais abordé ce cas concret d’islamisation. Nous préférons empêcher la création d’une mosquée que faire 2 % à une élection ! Nos actions futures vont encore créer le débat et faire bouger les choses. C’est ça, notre vrai objectif.
Autre sujet d’actualité: on dit que pratiquement personne, au Bloc identitaire, n’était au courant de la présence de Philippe Vardon aux journées Marine Le Pen…
C’est une pure intox ! Je savais parfaitement qu’il s’y rendrait, et ce, depuis plusieurs semaines. Cela dit, c’est un geste qui n’a qu’une portée locale. Le maire de Nice, Christian Estrosi, avait appelé les Niçois à boycotter les Journées de Marine Le Pen. Philippe Vardon, qui n’aime pas qu’on lui dicte sa conduite, a décidé de s’y rendre, en simple citoyen: c’est un pied de nez à Estrosi, qui est son principal adversaire sur place ! Si demain il se rend à un meeting de Martine Aubry, on va dire qu’il y a un ac cord avec le PS ?
Mais vous savez que cette présence pouvait conforter la rumeur qui dit que votre retrait de la présidentielle aurait été négocié avec le FN…
Je vous garantis qu’il y a eu des éclats de rire, à notre université d’été, lorsque nous avons eu vent de cette rumeur. Il n’y a pas d’accord avec le Front.
Nous travaillons sur le terrain depuis huit ans, en toute indépendance. Ce n’est pas pour négocier quelques petites circonscriptions… D’autant, je le répète, que les élections sont un domaine secondaire de notre action. Et quels que soient nos accords ou contacts éventuels – aussi bien avec Jacques Peyrat, à Nice, pour les dernières cantonales, que, dans le futur, avec d’autres partenaires – notre action est soumise à un impératif : nous ne changeons pas d'un iota l’ADN identitaire. Dans le cadre d’une alliance électorale, le Bloc identitaire est à prendre à 100 % ou à laisser.
Marine Le Pen n’a pas eu l’air hostile à un rapprochement… Elle a qualifié la rumeur de « sottise », mais a laissé une porte ouverte pour l’avenir. Dans l’absolu, seriez-vous favorable à une alliance ponctuelle avec le FN ?
Pour l’instant, c’est complètement prématuré. Ce qui est sûr, c’est que le retrait de notre candidat ne veut pas dire que nous renonçons à jouer un rôle dans la campagne présidentielle. Nous allons prochainement faire une consultation interne et ce sont les militants qui, par leur vote, vont décider de soutenir tel ou tel ; voire de faire impérativement barrage à tel ou tel autre. Je vous donne rendez-vous dans deux mois pour vous donner leur réponse.
Propos recueillis par Patrick Cousteau
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