Qui a peur des p'tits cochons ?
Mercredi 13/04/2011Projet de grande mosquée à Angers : stupeur, scandale, cris d’orfraies parmi les élus angevins ... et la machine médiatique s'emballe
L’espace d’un chaud week-end d’avril, la douceur angevine a, semble-t-il, cédé à l’orage, voire à la tempête… Pourquoi ? Pour peu de choses a priori, ou plutôt non, pour quelque chose de fort important.
Pas grand chose au vu du sympathique monôme d’une quinzaine de jeunes identitaires au sein du conseil municipal d’Angers le 8 avril au soir. En début de séance, affublés de masques de cochons, ils interpellent les élus d’Angers pour clamer leur opposition à la construction d’une grande mosquée à Angers, un édifice totalement surdimensionné de 3000 places, sur le plateau dominant la ville. Et comme la séance du conseil est consacrée au débat d’orientation budgétaire, ils scandent « pas un sou pour la mosquée ! ». En effet, devant le montant du financement d’un tel équipement évalué à 5 millions d’euros, et la position encore très floue de la mairie, il n’est pas inutile de rappeler ce principe essentiel de non financement d’un édifice religieux.
Stupeur, scandale, cris d’orfraies parmi nos élus soudain réveillés dans la torpeur de cette veille de week-end quasi-estival ! Et la machine médiatique s’emballe : racisme, islamophobie, attitude violente, commando masqué, etc. Les plumitifs de la presse locale, repris par leurs confrères nationaux, déversent leur bile haineuse, aidés par le maire (qui c’est vrai, nous nous en excusons, est encore convalescent…) dénonçant des propos racistes tout droit sortis de son imagination (ou plutôt de ses fantasmes). Pendant ce temps, une vidéo de la scène (merci au cinéaste anonyme !) fait le buzz sur internet.
Mais cette sympathique et, somme toutes, bien mesurée sortie de nos petits cochons a créé un véritable tremblement de terre sur l’Anjou, rompant le consensus mou qui pèse sur la ville sur cette question pourtant essentielle de l’édification d’une « mosquée-cathédrale » et du rôle ambigu de la mairie à ce sujet. D’où le courroux de nos élus… Antonini s’est d’ailleurs empressé d’indiquer qu’il n’était pas question de financer la mosquée puisque la loi l’interdisait. Voilà qui est mieux en l’affirmant clairement et c’est déjà une première victoire. La question du financement continue à se poser cependant concernant le « cache-sexe », pardon, le centre culturel islamique qui doit accompagner le projet de mosquée. Il faut également souligner et se réjouir du silence de l’UMP locale et de ses élus qui, semble-t-il, n’a pas versé dansd l’hystérie collective, hormis la déclaration comme toujours navrante du « lider minimo » centriste Laurent Gérault, celui qui, sous ses airs arrogants, défend les sans-papiers mais préfère habiter les beaux quartiers…
Alors, non Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les journalistes, nous ne sommes ni racistes, ni islamophobes, bien au contraire, nous sommes respectueux – certainement plus que vous – de toutes les identités. Pour nous autres, qu’un jeune marocain, un retraité algérien, un médecin syrien soit musulman, fier de ses racines et de son identité nous réjouit. Cependant, nous voulons qu’il pratique sa religion chez lui, au milieu des siens. L’identité profonde de notre ville, de notre province, de notre pays, de notre civilisation n’est ni musulmane, ni d’ailleurs métissée. elle est européenne, c’est-à-dire gréco-latine, germanique, celtique et de religion chrétienne. Cette conception, nous l’assumerons et continuerons à la défendre, en dépit de l’adversité, comme ce 8 avril au soir, sans armes, ni haine, ni violence. Ne vous en déplaise.
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