Notre pays ne pourrait-il pas se passer d’Abderramane Saïdi ?
Jeudi 30/12/2010 - Par Philippe VardonEn 1984, Bernard Stasi publiait un ouvrage intitulé «L’immigration : une chance pour la France». Un quart de siècle plus tard ...
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En 1984, Bernard Stasi publiait un ouvrage intitulé L’immigration : une chance pour la France. Un quart de siècle plus tard, la théorie qu’il clamait avec force à l’époque (et a renouvelée depuis dans un ouvrage portant le même titre) ne s’est pas encore franchement vérifiée… et l’expression « chance pour la France » a connu un destin que Bernard Stasi n’aurait sans doute ni imaginé, ni souhaité. En effet, sur internet une « chance pour la France » (souvent abrégée en C.P.F.) désigne désormais l’un de ces délinquants ou criminels étrangers ou d’origine étrangère qui semblent justement s’être donnés comme mission de contredire ardemment Bernard Stasi. En voici une nouvelle illustration… |
Le 22 décembre, Abderramane Saïdi a été jugé pour rébellion face aux forces de l’ordre, dégradation de biens publics, et outrage au drapeau français. Mais avant de parler de sa « condamnation » (vous comprendrez les guillemets), évoquons les faits.
Abderramane Saïdi, ressortissant algérien de 26 ans, s’est rendu mardi dernier à la préfecture des Alpes-Maritimes pour solliciter le renouvellement de sa carte de séjour et effectuer une demande de regroupement familial. Mais Abderramane n’est manifestement pas un garçon patient… « Exaspéré des lourdeurs et lenteurs de l’administration » (d’après le Figaro), après qu’une fonctionnaire lui a demandé de revenir plus tard, Abderramane Saïdi a saisi un drapeau français situé dans le hall de la préfecture, a cassé sa hampe avant de jeter les deux morceaux sur la pauvre femme. Il a fallu l’intervention de deux policiers pour le maîtriser, alors qu’il essayait de leur porter des coups.
Peut-être pour ne pas exaspérer à nouveau Abderramane avec les lenteurs de notre administration, celui-ci a été jugé dès le lendemain en comparution immédiate. Le journal « de droite » de référence, le Figaro, a alors pu titrer triomphalement « Un Algérien condamné pour outrage au drapeau français » tandis que le toujours très drôle Rudy Salles (adjoint au maire de Nice et député Nouveau Centre) s’offrait une petite tribune dans Nice Matin en considérant que cette condamnation était un « bon signal ».
Qu’en est-il en réalité ? Abderramane est-il en prison aujourd’hui ? A-t-il été installé dans le premier vol en partance pour l’Algérie afin d’effectuer le regroupement familial demandé avec tant de ferveur à domicile ? Pas du tout, en guise de « condamnation », Abderramane Saïdi n’a en fait écopé que de sursis, c’est-à-dire de peines ne s’appliquant éventuellement que dans le cadre d’une récidive de sa part. Quatre mois de prison avec sursis et 750 euros d’amende avec sursis précisément, la seule peine réelle étant d’assister à un stage de citoyenneté d’une journée… On rêve, ou plutôt on cauchemarde !
Rudy Salles s’extasie et parle de « bon signal » ? Mais il s’agit juste de pur foutage de gueule. Le signal en l’occurrence, c’est juste celui de la faiblesse de notre Etat, et donc malheureusement de notre pays. Nice Matin modère un peu le député Salles en évoquant une condamnation « symbolique » (et en signalant avec honnêteté le tollé provoqué parmi les lecteurs, et commentateurs du site internet du journal, devant cette décision de justice intolérable). Si cette condamnation est en effet symbolique, elle ne l’est que de la démission des pouvoirs publics, de la mansuétude permanente d’une bonne partie des juges vis-à-vis des délinquants étrangers ou d’origine étrangère, d’un Etat qui ne sait plus qu’imposer sa force et son poids aux honnêtes citoyens tout en reculant chaque jour un peu plus face aux voyous.
La présidente du tribunal nous a offert un bel exercice de bêtise paternaliste, colonialiste presque, en assénant toute contente d’elle-même (elle est allée en-deçà des réquisitions du Procureur qui réclamait huit mois de prison avec sursis) « Après tout, ce n’est pas un si mauvais pays la France… » Magnifique, grandiose, un « bon signal » comme dirait Rudy Salles. Cette juge se croit face à un gamin et lui met une fessée, mais pas trop forte, pour ne pas traumatiser le chérubin. On pourrait s’imaginer qu’avec le nombre de petites raclures qu’elle voit passer dans sa salle d’audience chaque semaine, elle soit moins tentée de verser dans la tolérance abusive et le laxisme. C’est pourtant le contraire qui se produit. Beaucoup de juges sont pétris de relativisme culturel (le poids des traditions, de la culture d’origine, de l’éducation, la non-intégration, pensant sur le comportement) et de rousseauisme (l’immigré étant toujours le bon sauvage perverti par une société qui ne lui fait pas toute sa place, le discrimine, ne l’aide pas assez, jamais assez…).
J’ai lu dans beaucoup de commentaires sur internet, que la justice algérienne n’aurait certainement pas été aussi douce dans le même cas de figure. C’est une évidence, tout comme cela serait en fait le cas dans tous les pays du monde. Mais il y a bien pire encore… Je suis persuadé que la justice aurait été moins clémente si c’était un Français de souche qui comparaissait pour les mêmes faits. Imaginons Pierre Dupont, venu effectuer des formalités pour une carte grise de voiture, qui – « exaspéré des lourdeurs et lenteurs de l’administration » – agresse une fonctionnaire puis deux policiers. Peut-on sérieusement imaginer qu’un tribunal le condamne simplement à du sursis et un stage de citoyenneté ? Nous savons tous très bien que non, car pour Pierre Dupont aucune mansuétude, aucun relativisme culturel. Pierre Dupont est un bon Gaulois, bien intégré socialement et professionnellement et avait donc parfaitement conscience de ce qu’il faisait et de la gravité de ses actes, à ce titre on ne peut lui accorder aucune circonstance atténuante. Et la réalité est qu’à faits égaux, Pierre Dupont serait sans aucun doute en prison !
Ce n’est pas le cas d’Abderramane Saïdi, chance pour la France, venu réclamer, ou carrément exiger, au vu de son comportement agressif, le renouvellement de sa carte de séjour et la venue de sa famille dans notre pays. On pourrait d’ailleurs au fond, se demander ce qu’Abderramane fait chez nous. Je croyais que nous étions désormais dans un régime d’immigration « choisie ». Pourtant dans aucun des trois articles consacrés à cette affaire il n’est question de la profession exercée dans notre pays par Abderramane Saïdi. Est-il ici pour répondre à une pénurie dans un domaine professionnel quelconque ? Ou alors peut-être s’inscrit-il dans le cadre des 170 000 visas par an promis par François Fillon à l’Algérie (soit trois fois plus que sous le gouvernement socialiste) ?
Au-delà de la peine avec sursis d’Abderramane Saïdi, il semble bien qu’en aucun cas ses demandes de renouvellement de carte de séjour et de regroupement familial n’aient été remises en cause. Abderramane peut s’en prendre au drapeau français, agresser une fonctionnaire et des policiers, mais hors de question de le renvoyer chez lui, nous ne somme pas des barbares comme les Suisses quand même !
Faudra-t-il aussi passer par une votation pour en revenir au simple bon sens ? Espérons que les choses se passent aussi démocratiquement et pacifiquement qu’en Suisse, car l’exaspération et la colère du peuple pourraient bien finir par devenir difficilement contrôlables.
En attendant, Abderramane Saïdi vit toujours chez nous, et je me dis que si nous pouvions nous passer de lui et de quelques autres, je ne crois pas que nous nous porterions plus mal.
Philippe Vardon
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Philippe Vardon est président de Nissa Rebela et membre du bureau exécutif du Bloc identitaire |




