Béziers, 20 novembre : le discours de Fabrice Robert
Lundi 22/11/2010Nous voulons incarner l’esprit de résistance
Chers amis,
A travers cette manifestation, nous voulons incarner l’esprit de résistance. Et je voudrais commencer en m’appuyant sur différents exemples symboliques.
L’esprit de résistance selon Raimon-Roger Trencavel
A la mi-1209, les barons du Nord se rassemblent à Lyon sous le prétexte fallacieux de combattre l’hérésie cathare et commencent à marcher vers le Sud. Leur armée passe à Montpellier, puis se dirige vers les terres de Raimond-Roger Trencavel, vicomte de Béziers et de Carcassonne.
L’armée d’Arnaud Amaury arrive aux portes de Béziers. Derrière les murailles s’entassent entre 10 et 15 000 personnes apeurées venues de tous les villages de la région. On leur demande de livrer les 223 cathares de la ville (1% de la population). Ce sera un refus catégorique. Plusieurs milliers d’habitants, réfugiés dans l’église de la Madeleine, furent passés au fil de l’épée tant et si bien que d’après les témoignages de l’époque « le sang atteignait les étriers des cavaliers ».
Raimon-Roger Trencavel sera finalement emprisonné dans une de ses propres basses-fosses de Carcassonne pour y mourir, vraisemblablement empoisonné.
L’esprit de résistance selon Gaston Malafosse
Nous avons tous en mémoire la fin affreuse en 2005 de Gaston Malafosse, qui s'était suicidé en prison parce qu'il ne supportait pas le caractère injuste de sa détention. Dans le village de Bessan situé entre Agde et Pézenas, Gaston Malafosse régulièrement en butte aux incivilités de racailles patentées n’avait pas hésité à user à leur encontre d’arguments détonants. A l'époque, les hommes politiques avaient défilé à Bessan derrière une banderole où était inscrit « Plus jamais ça! » ...
Paroles, paroles … Cinq ans plus tard, rien que pour le mois de juillet 2010, la presse a relevé pas moins de 200 faits divers graves portant sur des trafics, agressions ou vols avec violence qui pourrissent la vie de nos compatriotes.
On se souvient que Sarkozy avait promis le kärcher pour mettre hors d’état de nuire la racaille. Mais la racaille continue à courir et à agir en toute impunité.
L’esprit de résistance selon Jean Moulin
A deux pas d’ici aux abords du Champ de Mars, se dresse la maison natale de Jean Moulin. Je voudrais rapporter un épisode beaucoup moins connu que celui de Calluire qui allait le conduire à la mort trois ans plus tard. Le 17 juin 1940, alors qu’il était préfet de Chartres, il est arrêté par les occupants qui tentent de lui faire signer sous la contrainte un document qui engagerait la responsabilité des troupes françaises dans un massacre.
Emprisonné, et craignant de finir par céder, Jean Moulin tente de se suicider en se tranchant la gorge avec des morceaux de verre. Il écrira plus tard : « Je sais que ma mère, me pardonnera lorsqu'elle saura que j'ai fait cela pour que des soldats français ne puissent pas être traités de criminels et pour qu'elle n'ait pas, à rougir de son fils ». Découvert à l'aube couvert de sang, il pourra être sauvé.
L’esprit de résistance selon René Galinier
Nous avons tous en mémoire le ressentiment de la majorité de la population à l’encontre de l’arrêt de justice du 5 octobre 2010 qui maintenait René Galinier en prison. Mais les sommets ont été atteints lors de la seconde décision qui libérait enfin notre papy languedocien, décision en contradiction totale avec celle prise moins de huit jours auparavant.
Souvenons nous des termes de l'arrêt du 5 octobre : « Le maintien en détention est l’unique moyen de mettre fin au trouble exceptionnel et persistant de l’ordre public, provoqué par la gravité de l’infraction, les circonstances de sa commission et l’importance du préjudice ». La cour d’appel invoquant également cet argument proprement stupéfiant : « Une mise en liberté pourrait aussi susciter l’incompréhension dans l’ethnie d’origine des victimes et faire craindre des représailles à l’égard du mis en examen ».
René Galinier restait donc en prison parce que, Français de souche, il avait tiré sur des Tsiganes et non sur des Bretonnes ! Et parce que les Tsiganes ayant le sens de la famille, paraît-il, ils pourraient décider de se faire justice eux-mêmes ! La justice française reconnaissait donc qu’elle ne pouvait pas protéger « Papy Galinier » contre une vengeance ethnique ! Nous marchons sur la tête !
Nous sommes chez nous ! Ce n’est pas à la racaille d’imposer sa loi sur notre sol ! Nous sommes chez nous à Béziers ! Nous sommes chez nous dans le Languedoc ! Nous sommes chez nous en France ! Nous sommes chez nous en Europe !
Si René Galinier a été libéré, c’est bien grâce à la formidable mobilisation orchestrée par la Ligue du Midi, du Comité national Galinier et du Bloc identitaire…
Qu’on en juge :
- Quarante rassemblements dans toute la France au mois de septembre
- Visite du Député Elie Aboud à la Maison d'Arrêt
- Parrainage du Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme
- Prise de position de 11 députés et de Xavier Bertrand en faveur d'une libération
Sans oublier l'arrivée de Me Collard dans la procédure - donnant une autre dimension à l'affaire – et qui a sans aucun doute fait évoluer la position des magistrats.
Vous avez bien noté que j’ai dit que René Galinier avait été libéré… je n’ai pas dit qu’il était un homme libre.
Pour nous, la mobilisation doit continuer, et tout d’abord pour que René Galinier puisse rentrer chez lui. Sa libération est en effet assortie d’un contrôle judiciaire strict et de l’interdiction de regagner son domicile de Nissan-lez-Enserune !
C’est une humiliation pour cet homme malade et c’est aussi le mettre dans les pires conditions psychologiques pour l’empêcher de préparer sa défense pour un procès qui n’a aucune raison d’être puisqu'on est sûr qu'il sera acquitté par un jury populaire.
Qu’on se le dise : Solidaires, nous nous tiendrons toujours aux côtés de ceux des nôtres qui choisiront de ne pas baisser les yeux, de se dresser et de résister.
Solidaires, nous n’admettrons jamais que d’honnêtes citoyens soient humiliés et condamnés pendant que la racaille continue à terroriser la population en toute impunité.
Quand j’arpente les rues de la vieille ville, quand je flâne place de la Citadelle, sur l’emplacement du Château vicomtal, je m’attends à croiser les mânes de Raimon-Roger Trencavel, de Marcelin Albert ou de Max Jean-Moulin…
Quand je vois ces remparts arrogants, dominant cette plaine viticole tant chargée de révoltes paysannes, quand je me nourris de tous ces hauts lieux de notre histoire, symboles de notre identité et de notre vaillance je ne suis pas loin de penser que nous sommes, nous aussi aujourd’hui, en train d’entrer en résistance …
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