Pourquoi le centre Costanzo a été vendu à Bouygues
Mercredi 26.05.2010Un article paru dans Nice-Matin le 25 mai 2010.
La démolition annoncée du centre Costanzo, rue Georges-Ville, fait grincer des dents. Celles des riverains qui se demandent pourquoi la Ville n'a pas racheté la petite maison rose, qui fut pendant près d'un siècle le dispensaire médical du quartier. Alors que l'établissement vient d'être vendu à Bouygues par la fondation Lenval, alors que le promoteur veut construire un immeuble, les habitants ne veulent pas d'« un énième bloc de béton » dans « un quartier qui étouffe » (notre édition du 19 mai).
Tandis que l'opposition (PCF-PS-Identitaires) dénonce « une opération de spéculation immobilière », le comité de défense des quartiers « Riquier-Risso-Barla-République » organise la résistance et une réunion publique, demain à 17 h 30, à la salle F.S.G.T., 27 rue Smolett.
Trois semaines pour répondre
Dominique Estrosi-Sassone, adjointe déléguée au logement et présidente de Côte d'Azur Habitat, affirmait que la Fondation Lenval avait tenté de faire affaire avec la Ville - « On avait travaillé sur un projet d'immeuble de logements sociaux » - avant d'abandonner la transaction : « La fondation n'a pas donné suite et a vendu à Bouygues »... Le président de la Fondation Lenval précise aujourd'hui que « dans toutes ces opérations, la Fondation Lenval n'a poursuivi qu'un seul but : exercer au mieux ses missions statutaires auprès des enfants malades, dans le souci de l'intérêt général ».
Et d'expliquer qu'à l'emplacement du centre, « la Fondation Lenval souhaitait aménager la nouvelle maison des adolescents de Nice, dans le cadre de la construction d'un immeuble de logements sociaux. Cette opération n'a jamais pu s'équilibrer et la consultation lancée auprès de différents promoteurs sociaux est demeurée infructueuse : Côte d'Azur Habitat n'a pas répondu et les trois autres promoteurs sociaux consultés ne pouvaient équilibrer l'opération ».
Contactée hier, Dominique Estrosi-Sassone maintient que la Ville « était intéressée ». « La fondation nous a approchés. Je venais d'arriver à la présidence de Côte d'Azur habitat, je n'avais pas l'équipe que j'ai maintenant, on a malheureusement laissé passer un peu de temps. La fondation est revenue à la charge. Ils nous ont donné un délai de trois semaines pour répondre. Ce qui, compte tenu des contraintes d'un office, n'était pas tenable : on n'a pas la souplesse d'un promoteur... »



