Sans-papiers : l'avant-dernière étape sur les allées de la Liberté
Mardi 01.06.2010Un article paru dans le journal Nice-Matin du 31 mai 2010.
Pain et camembert pour le casse-croûte des sans-papiers, hier matin. Sur les Allées, on attend, avec quelques victuailles et beaucoup de fierté, les marcheurs partis de Paris le 1er mai et qui se dirigent vers Nice, pour participer au contre-sommet africain (voir également nos pages « France »). Cannes constitue leur avant-dernière étape.
Ils débarquent peu après 10 heures : 125 marcheurs, dont 92 sans-papiers de la France entière, qui descendent des bus en chantant. À Cannes, ils n'ont pas été autorisés à marcher.
Sur leurs tee-shirts, le slogan du collectif du « Ministère de la régularisation de tous les sans-papiers » 1 : « Hier colonisés, aujourd'hui exploités, demain régularisés. »
« Nous ne sommes pas dangereux »
Un message d'espoir que les manifestants, soutenus par la centaine de personnes qui les accueille, délivrent pacifiquement. Après quelques embrassades, le groupe se lance dans une joyeuse farandole, rythmée par les slogans : « Paris-Nice à pied, c'est la lutte des sans-papiers », « On est chez nous », « Nous ne sommes pas dangereux. »
Jusqu'à hier matin, il était question, pour eux, de défiler sur la Croisette. « Mais la préfecture ne nous en a, finalement, pas donné l'autorisation. Tant pis, nous ne voulons pas aller à l'affrontement », commente Sissoko Anzoumane, porte-parole du Ministère.
Sang-froid et fair-play, donc. Et ce, même lorsque, dix minutes plus tard, un groupe du Bloc identitaire déploie sa banderole et exhorte les sans-papiers à rentrer chez eux... Les marcheurs n'y prêteront pas attention, ils continueront leurs chants deux heures trente encore, sous les yeux d'une trentaine de CRS attentifs.
Puis ils remonteront dans le bus, vers 13 heures. Prêts à vivre la dernière étape de leur traversée de la France à pied...



