Marine Le Pen imprime sa marque au Front national
Mardi 09.03.2010Un article paru dans Le Monde du 9 mars 2010.
Marine Le Pen imprime sa marque au Front nationalVoici un extrait :
"Marine Le Pen a placé l'islamisation au centre de son discours, notamment lors du débat sur l'identité nationale et la votation suisse sur les minarets. En parallèle, elle se pose comme "l'une des dernières défenseures de la laïcité en France". Et dispute au Bloc identitaire - parti d'extrême droite radicale au langage très dur sur le multiculturalisme - sa politique de "coups médiatiques" sur la question. Elle a ainsi mené, fin février, la fronde contre l'établissement de restauration rapide Quick à Roubaix (Nord) qui propose uniquement des sandwichs halal.
De cette manière, Marine Le Pen, 41 ans, marque une certaine réorientation de la parole frontiste. Même si, ici ou là, certaines de ses équipes ont pu s'opposer à des projets de construction de mosquées, le FN a souvent eu un positionnement hésitant sur la question de l'islam, préférant se concentrer sur la dénonciation de l'immigration.
Cette réorientation est une sorte de pari sur l'avenir des recompositions à l'extrême droite. "Si Marine Le Pen a bien analysé le Bloc identitaire, il y a une ossature de quelques cadres âgés et de militants jeunes, voire très jeunes. Et ce sont eux qu'elle vise. Ils sont politiquement formés et, sociologiquement, c'est à eux qu'elle a envie de s'adresser", note Jean-Yves Camus, chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Avant d'ajouter : "Ce qui me frappe, c'est le vieillissement terrible des discours de Jean-Marie Le Pen. Parler de fellaghas, cela ne dit rien à personne, à part aux rapatriés et à leurs enfants." Il est vrai que le président du FN, presque 82 ans, tête de liste en Provence-Alpes-Côte d'Azur, mène ce qui devrait être sa dernière bataille électorale, autour des référents historiques de son parti."



