Régionales : 3 questions à Jacques Cordonnier - Alsace d'abord
Mardi 09.03.2010Un entretien réalisé par le blog Cagliostro & Cie.
Jacques Cordonnier est le tête de liste du mouvement régionalistes Alsace d’abord. Spécificité alsacienne, Alsace d’abord est, à part en Corse, le seul mouvement régionaliste à exister politiquement sans alliance. Ces derniers mois, le mouvement a su changer de président, démarrer une campagne. Il est donné à égalité avec le Modem pour ces régionales. Nous devions en rencontrer le leader.
Jacques Cordonnier, on a connu Alsace d’Abord échouant de peu en 2004 sous la barre des 10 %. L’histoire de l’Alsace et de votre mouvement en aurait été changée. Depuis, pour les observateurs, votre mouvement a semblé traverser bien des changements. Nouveau président, nouvelle direction, rajeunissement. Dites nous en plus ?
Jacques Cordonnier : Le mouvement régionaliste s'est restructuré début 2008 et a entamé son redéploiement en se concentrant sur ses fondamentaux : porter les idées régionalistes, identitaires et européennes.
Parce que nous sommes régionalistes, nous demandons le renforcement des pouvoirs de l'Alsace, renforcement qui passe nécessairement par la fusion de la Région et des deux départements du Rhin.
Parce que nous sommes identitaires, nous défendons ce qui fait la singularité de l'Alsace, son droit local, le régime local d'assurance maladie, le Concordat, sa double culture, le bilinguisme, ses espaces naturels. Sur toutes ces questions, l'Alsace a régressé depuis vingt ans. Aujourd'hui, le régime concordataire est mis en péril autant par l'UMP que par la PS et les projets de construction de minarets se multiplient. Nous voulons proposer aux Alsaciens un changement de cap.
Défense de notre identité alsacienne, française et européenne
Nous avons aussi fait le choix de l'Europe. La position stratégique de l'Alsace au cœur de la vallée du Rhin supérieur nous confère des atouts considérables mais aussi d'impérieux devoirs. La conscience de notre appartenance à la civilisation européenne est un marqueur fort de notre identité. L'Europe, ce n'est pas seulement un champ plus large de développement économique, c'est aussi une vision civilisationnelle de notre avenir.
C'est pour proposer aux Alsaciens cette vision de l'Alsace que nous présentons à cette élection régionale une liste de candidats jeunes et déterminés qui font campagne pour proposer un programme global et politique. Le programme du mouvement régionaliste Alsace d'Abord est une offre politique originale et nouvelle qui tourne le dos à vingt ans d'immobilisme que voudraient prolonger nos concurrents de l'UMP et du PS.
Un tout récent sondage a mis en lumière la très forte adhésion des jeunes aux idées que nous portons. Le mouvement Jeune Alsace, qui monte en puissance jour après jour, joue un rôle déterminant dans cette campagne électorale. Ceci est la démonstration que l'avenir nous appartient.
On cherche souvent à vous comparer. Et vous qu’en dites vous ? Vous avez su surfer sur la vague anti-minarets de nos voisins suisses, vos affiches sont connues, vous défendez le concordat. Mais régionalement, de la défense du bilinguisme à celle de l’économie en crise, quelle sera votre campagne ?
Jacques Cordonnier : Le programme du mouvement régionaliste est un programme de rupture et de renaissance
Rupture du long cycle du déclin, rupture de la docilité vis-à-vis de Paris. Renaissance du rayonnement de l'Alsace, de la prospérité économique, de l'identité alsacienne.
Relocalisation de l'économie
Face à la mondialisation qui détruit nos emplois, nous lancerons la relocalisation qui protège : relocalisation de la production et des services, relocalisation de la consommation. Les collectivités territoriales doivent être les premières à intégrer le critère de proximité dans leurs commandes et à pratiquer, quand cela est possible, la préférence régionale. Nous fusionnerons les trois agences de développement économique qui agissent en Alsace. Le CAHR, l'ADIRA et Alsace International ne doivent plus former qu'un seul organisme au service de l'expansion de l'économie de notre région.
Nous centrerons les efforts de la Région sur les nouvelles technologies et renforcerons les pôles de compétitivité.
Le renouveau de bilinguisme est une nécessité parce que 70 000 Alsaciens trouvent du travail en Allemagne et à Bâle, mais aussi parce que la pratique du dialecte et de l'allemand est un marqueur fort de notre identité. Il faut pour cela que l'Éducation nationale délègue à la Région l'enseignement bilingue.
Le cadre légal et l'environnement sociologique dans lesquels l'Alsace avait bâti sa prospérité et sa paix sociale au fil du temps, sont aujourd'hui régulièrement mis à mal.
Défense du concordat, refus des minarets
Le mouvement régionaliste Alsace d'Abord a lancé sa campagne de pétition en faveur du concordat et contre les minarets dès le mois d'août 2009, soit longtemps avant la votation suisse, lorsque nous avions appris que la municipalité socialiste de Strasbourg étudiait favorablement un projet d'agrandissement d'une mosquée de Strasbourg incluant la construction de minarets. Cela dit, le succès de notre pétition s'est fortement accentué après le rejet des minarets par les Suisses. Nous voulons mettre en garde les responsables alsaciens de l'UMP et du PS contre les initiatives malheureuses qu'ils pourraient prendre pour instrumentaliser le concordat et tenter de l'étendre à l'islam. Vouloir organiser des cours de religion islamique dans les écoles alsaciennes ou encore faire des fêtes musulmanes des jours fériés sont des projets néfastes portés par des députés UMP alsaciens. Alsace d'Abord y est résolument opposé et préconise qu'un référendum d'initiative régionale soit organisé sur ces questions sensibles.
Vous avez renouvelé votre liste, rassemblé des élus, des anciens élus. Donnez à nos lecteurs 3 bonnes raisons de voter pour vous.
Jacques Cordonnier : Nos candidats sont les seuls à être totalement indépendants des partis nationaux qui sont responsables du déclin de l'Alsace. Pour cette seule raison déjà, de nombreux Alsaciens vont faire le choix de voter pour nous.
L'article L.4221-1 du code des collectivités territoriales dit, mot pour mot, que le Conseil régional a compétence pour assurer la préservation de l'identité de la région. Nous sommes les seuls à ne pas l'avoir oublié.
Enfin, nous sommes les seuls candidats à affirmer que la docilité, voire la servilité, vis-à-vis de l'État, du gouvernement et des états-majors des partis nationaux, n'a conduit les Alsaciens qu'à être surchargés de taxes et de cotisations, à devoir financer des TGV que d'autres régions ont obtenu gratuitement, etc. Le temps est venu pour les Alsaciens de prendre leur destin en main.
C'est pourquoi nombre d'entre eux voteront le 14 mars pour que le courant régionaliste, identitaire et européenne soit représenté au sein de la future assemblée régionale. C’est pourquoi aussi ceux qui sont déçus du sarkozysme et qui aspirent à une vraie droite régionaliste doivent voter pour nous.
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