Rebeyne, droit dans ses bottes
Jeudi 04.02.2010Un article paru dans La Tribune de Lyon du 4 février 2010.
Annulation d’une exposition "pro-clandestins" dans le 4° arrondissement, de concerts de Maghreb United et de Sniper « qui a insulté la France », pétition contre le projet d’ Institut Français de Civilisation Musulmane (IFCM), action contre les Quick Hallal… les 50 militants de Reybene à Lyon agissent dans l'ombre, mais avec une redoutable efficacité. Ils entendent proposer « un idéal de jeunesse ni droguée, ni dorée, mais enracinée, fière et prête à agir ». « On veut montrer qu’il existe une jeunesse prête à
faire face au défi de la mondialisation, de l’islamisation et de l’insécurité. On veut être des exemples » lâche Damien, étudiant de 20 ans.
Ils disent que les partis ne les représentent pas, et affirment être identitaires parce qu’ils n’ont plus le choix. « Que ce soit Sarkozy ou Royal, c’est la même chose, ce sont des mondialistes. Nous, on se voit comme une espèce de dernière résistance » affirment-ils. Quant au FN, même si les relations avec les militants de la région sont « cordiales », ils ne se mélangent pas. « C’est principalement une affaire de génération, leur discours s’adresse à un public de très jeunes gens alors que la moyenne d’âge au FN est beaucoup plus élevée » explique Jean Yves Camus, politologue et chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Aussi, « contrairement au FN, ce mouvement n’est pas jacobin centralisateur ni souverainiste et il n’y a pas chez eux de réminiscences des guerres coloniales ou d’Algérie car ils ne les ont pas vécues » rappelle le politologue. Ce qui les caractérise c’est donc leur attachement à leurs racines régionales, à Lyon et son histoire. En effet, «les partis comme l’UMP ou le FN nient l’existence des régions, nous on essaie d’affirmer politiquement leurs identités qui ne sont pas justes du folklore » expliquent les jeunes identitaires. Régionalisme. Quant aux
ambitions politiques, ils affirment ne pas en avoir pour l’instant. « Le Bloc identitaire (mouvement politique créé en 2003 NDLR) figurera sur une plusieurs listes en France, notamment en région Paca ou en Alsace, mais pas en Rhône-Alpes puisque le Bloc a considéré qu’il fallait choisir les régions dans lesquelles il était susceptible de peser et d'avoir des résultats. C’est une sorte de test pour voir comment il pourrait élargir son action électorale au plan des municipales et des cantonales » indique Jean-Yves Camus. Ce que confirment les jeunes de Rebeyne: « Nos militants ont une moyenne d’âge de 20/25 ans, on a le temps de penser à l’électoral» concluent-t-ils
Réponse à tout Une cinquantaine de militants forment le noyau dur du groupuscule lyonnais. Hyperactifs sur Internet, ces jeunes se disent non racistes- « il n’y a aucun peuple supérieur à un autre »-, non fascistes- « une idéologie italienne dépassée » et maîtrisent leurs discours à la perfection.
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