Libourne et rondes citoyennes
Samedi 30.01.2010Extrait d'un article paru dans Sud-Ouest du 30 janvier 2010.
Le sentiment d'insécurité se construit parfois sur des fondations antisismiques sur lesquelles poussent les murs de la déraison. Très palpable et mal vécu par l'homme de la rue, notamment par les commerçants et les personnes âgées, son architecture, qui fait beaucoup parler et écrire, ne résiste cependant pas à la simple analyse que suggèrent les statistiques. Et c'est parfaitement vrai à Libourne.
Le cambriolage de la brasserie de la rue piétonne le 16 janvier dernier (lire notre édition du 18 janvier), a suscité « un ras-le-bol collectif » au sein de la population fréquentant ou vivant sur cet axe piétonnier (voir notre édition du 25 janvier). En agitant par là même le chiffon rouge du réflexe sécuritaire qui ramène immanquablement, à la veille des rendez-vous électoraux, les partisans de l'extrême droite dans l'arène. On en voudra pour preuve le communiqué du Bloc identitaire (1) adressé dès le lendemain aux journaux pour appeler les Libournais à participer à des « rondes citoyennes » censées, le soir venu, « protéger les concitoyens ». Comme si la police d'État républicaine n'était pas en mesure de faire son travail ou le faisait mal.
(1) Le Bloc identitaire est présidé à Libourne par Thibault du Réau, ancien candidat à la mairie de Libourne. Dans un communiqué que nous n'avons pas voulu publier, il appelait les Libournais à « faire bloc face à la racaille dans nos rues ».



