Convention identitaire d'Orange
Dimanche 18.10.2009Discours de Fabrice ROBERT lors de la Convention identitaire d'Orange (17-18 octobre 2009)
Chers amis,
Chers sympathisants, chers militants du mouvement Identitaire,
Avant de commencer, comment ne pas dire quelques mots sur notre Convention qui s'achève. Après deux journées de travaux, j'ai envie de vous dire : que de chemin parcouru en si peu d’années et, il faut bien le dire, avec si peu de moyens financiers... Que de travail accompli depuis les premières assises identitaires avec 50 personnes dans une petite salle des fêtes de la région de Macon ou les 150 de Lyon il y a seulement quatre ans. Sur ces deux journées, nous avons accueillis plus de 600 personnes venant de plus de 60 départements.
Que les observateurs ne s'y trompent pas : ce n'est pas un meeting de 5/600 personnes que nous avons tenu, ce n'est pas non plus un rassemblement de 5/600 individualités. Non, c'est une vraie force militante qui est venue au rendez-vous d'Orange. Une force militante de terrain, de rue, d'internet, de projets. La Convention identitaire, ce n'est pas et ce ne sera jamais une grande messe où l'on vient applaudir un grand chef, ce n’est pas la convergence de tous les immobilismes d’un parti nécrosé, où l’on parle tendances, passé, places à conserver. C’est un lieu de vie, au plein sens du terme. Un lieu ouvert où la parole est libre et, surtout, où tous les projets politiques, associatifs et culturels ont toute leur place. Mais aussi et à la fois une école de cadres, une synergie de l'amitié. Et, en cette fin de week-end, je le crois, c'est aussi la source dans laquelle, dés demain, après une bonne nuit, nous puiserons tous énergie et enthousiasme. Gonflé à Bloc ! Tel est je crois le sentiment que nous partageons tous.
Avec cette convention, le mouvement identitaire vient de faire un nouveau saut en avant, un saut quantitatif et saut qualitatif.
LES IDENTITAIRES : pas un mouvement en plus ; mais un mouvement original
Comme nous le disons souvent, le Bloc Identitaire, ce n’est pas un mouvement en plus, ce n’est pas non plus un mouvement « à côté de ». Nous ne sommes pas de la « grande famille nationale » ou de la « grande famille patriote ». Nous ne sommes pas des nationalistes, car nous ne vivons ni en 1870 ni en 1930. Nous sommes des identitaires car nous vivons dans le monde d'aujourd'hui. Nous respectons le passé, mais nous ne voulons qu’il nous enterre.
Nous sommes un courant politique original et cette Convention qui s’achève le démontre une nouvelle fois. En seulement six ans d’existence, le mouvement identitaire s’est affirmée comme la seule force nouvelle.
Et cela, nous ne le devons qu’à nous qui, depuis six ans, ont su innover, surprendre, et surtout s’impliquer dans le concret.
Nous incarnons véritablement une nouvelle offre politique qui – s’appuyant sur des initiatives politiques, associatives, culturelles - mêle identité, solidarité, écologie, réflexion institutionnelle, défense de la démocratie participative et des libertés locales.
Les Identitaires, c’est aussi une sensibilité politique qui se développe aussi bien en France qu’en Belgique, en Suisse, en Italie, en Suède, en Espagne qu’au Portugal. Si certains mouvements s’inspirent clairement de nous (Causa Identitaria au Portugal, Assemblea Identitaria en Espagne ou Les Identitaires de Romandie, en Suisse), d’autres existaient bien évidemment avent nous comme la Lega Nord ou le Vlaams Belang.
Notre combat s’inscrit donc dans un vaste courant politique novateur qui se développe aujourd’hui dans toute l’Europe.
Je ne reviendrai pas sur les interventions d'hier de Philippe Millau, de Jean-Yves Le Gallou ou de Laurent Ozon ni sur les perspectives ouvertes. Mais je crois pouvoir souligner que le concept de détaxation de la proximité est une alternative à la fois crédible, originale, et adaptée économiquement mais aussi socialement à la situation et aux attentes des producteurs et des consommateurs. Relocaliser, c'est restaurer la vie, la culture, le lien social et enraciné dans nos terroirs et nos villes. C'est aussi permettre l'indépendance et la puissance de notre continent Européen. C'est enfin déconstruire les bases ennemies du nouvel ordre mondial et oppresseur.
LE NATIONALISME, C’ETAIT HIER ! Mais le mouvement identitaire, c’est aussi autre chose !
Je serai plus long, en revanche, sur la présence de nos amis européens venus d’Ibérie, de Catalogne, d’Italie, de Padanie, de Suisse, de Flandres, d’Autriche… Je dis « amis », je pourrais dire compatriotes : compatriotes en civilisation, en histoire, en art et en vision du monde. Il nous sépare ce qui, vers 400 avant JC séparait Athènes et Sparte. Il nous unit… tout le reste ! C'est-à-dire notre essence même. Il n’y a eu ici durant deux jours aucun étranger, aucune délégation « étrangère ». Il n’y a eu que les membres du même espace multimillénaire que l’on appelle l’Europe.
Telle est la différence entre le nationalisme et le mouvement identitaire. Le nationalisme a été le drame de l’Europe comme il est devenu le drame du monde avec son exportation sur les cinq continents. Un seul exemple de cette exportation : les guerres du Chaco entre Boliviens et Paraguay dans les années 30. Au nom du nationalisme, deux peuples amérindiens métissés se sont entretués pour la possession d’une région désertique, marécageuse, mais prétendument pleine de pétrole. Du côté bolivien, les pétroliers britanniques, de l’autre les pétroliers américains. Résultat : 200 000 morts et, en définitive, pas une goutte de pétrole…
Le nationalisme est donc une invention européenne comme la plupart des inventions politiques qui existent aujourd’hui dans le monde. Il appartient à l’Europe de l’effacer, du moins chez nous, car les Identitaires n’ont aucune leçon à exporter.
Le mouvement identitaire n’oppose pas les nations, ni les peuples. Il pose un principe simple : être soi-même. Un principe clair, acceptable par tous, quels que soient son pays, son continent, sa culture.
Etre soi-même exige, au moins, que soient respectées deux conditions : garder son âme, c'est-à-dire sa culture, garder son corps, c'est-à-dire notre sol. On peut discuter sur bien des points mais ceux-ci sont non négociables.
Nous vivons dans un monde qu’on va dire « paradoxal » parce que nous sommes des gens aimables. D’un côté, on pose chaque culture comme une des pierres de fondation de toute richesse humaine et de la diversité du monde ; d’un autre, on explique que les cultures doivent se métisser.
Nous savons tous que, derrière ce discours sommaire, taillé aussi bien pour les catalogues de mode que pour un colloque de travailleurs sociaux, on trouve une double confluence d’intérêts et d’idéologie : celle de l’intérêt des géants de l’industrie de pouvoir disposer d’une main d’œuvre taillable et corvéable à merci ; celle d’une pensée de gauche qui projette sur le phénomène migratoire qui affecte le nord comme le sud, des fantasmes qui commencent à dater de plus d’un demi-siècle : décolonisation, racisme des blancs, immigré = nouveau prolétaire etc…
Je vous parlais de principes, les nôtres. Mais, à côté des principes, il y a les faits. Dans le domaine de l’identité, les faits, en 2009, sont simples. Nous sommes en train d’être submergés. Devant ce constat, il a plusieurs postures possibles.
Celle d’une certaine droite, forte en gueule, molle en actes, qui dira : « tout est foutu ! ». Attendons que ça saute ! Ca ira mieux…
Celle d’une autre droite, dépassée par les évènements, arqueboutée sur des positions qui faisaient déjà débat au moment de la guerre d’Algérie ou de Mai 68.
Enfin, il y a celle de la grande majorité de notre peuple, qui ne sait pas ce que nous savons, qui souvent ne sait pas ce que nous voulons, mais, qui, en revanche, attend des gens comme nous avec des idées comme les autres. Nous avons toutes les raisons d’espérer car nous savons que l’identité est un thème porteur, un concept d’avenir qui dépasse les clivages politiciens. Aujourd’hui, des milliers de Français – même s’ils votent LCR ou UMP – participent à la défense de notre identité (défense de langue régionale, d’un patrimoine local, etc.) et font ainsi partie de notre communauté sans le savoir.
Tout le défi identitaire des dix années qui viennent sera de réussir cette rencontre entre notre peuple et le mouvement identitaire !
Et, en face de ce fait - la submersion – à côté de ces principes - sur la terre, chaque peuple a sa place - il existe une leçon, une leçon multimillénaire dans l’histoire du monde.
Chaque peuple doit mériter sa place !
La question qui doit être tranchée dans les années qui viennent n’est pas de savoir ce que veulent ceux qui nous dirigent ou ceux qui nous submergent. Elle est ailleurs et elle est la suivante : notre peuple veut il vivre en tant que peuple ou bien disparaître ? Nous ne le sauverons pas malgré lui…
Ainsi, notre rôle est clairement défini : être les éveilleurs de notre peuple, l’arracher à l’anesthésie mortelle dans laquelle on l’a plongé.
Un peuple, une civilisation, sont des organismes vivants et donc mortels. Je ne vous décrirai pas le mal qui affecte l’Europe depuis des décennies. Vous le connaissez : dévirilisation des hommes ; féminisme anti-féminin ; remplacement de ce qui soude par ce qui individualise, et en premier lieu, la famille ; mise en condition permanente pour une soumission totale ; le tout étant rendu possible, opératoire, grâce à un bombardement matériel massif des conditions de vie : on bouffe trop ! On boit trop ! On se drogue ! On prend des somnifères pour dormir, des cachets pour se réveiller.
Un seul exemple, anecdotique en apparence, mais au fond si révélateur. Une histoire que l’on m’a racontée récemment. Une jeune fille de 19 ans d’Ile de France, une travailleuse, qui prend tous les soirs le RER pour retrouver son ami et leur studio de banlieue. Elle a peur chaque soir, d’attendre à la gare du Nord, elle a peur de monter dans le RER, elle a peur en rentrant chez elle à pied. Pourquoi a-t-elle peur ? Parce qu’elle est paranoïaque ? Parce qu’elle lit trop Novopress ? Non, elle a peur car elle des yeux pour voir, mais aussi des oreilles pour entendre ce que lui raconte son compagnon, gardien de la paix, quand il rentre de son travail. Eh bien, cette jeune fille, à 19 ans, prend des anti-dépresseurs. C’est la France d’aujourd’hui. C’est ça la France qui a voté Sarko en 2007. C’est ça la France qui souffre et qui n’a pas mérité ça. Et à travers cette jeune fille, c’est cette France là que nous voulons sauver. Parce qu’à Orange comme à Saint Denis, au fin fond d’une cave des quartiers nord de Marseille ou au plus haut du Mont Blanc, c’est chez Nous ! C’est pas chez eux ! Et, nous sommes là, et nous serons là, de plus en plus, pour leur faire passer le message. Aux clandestins, aux illégaux, à la racaille qui vole, qui viole, nous ne dirons pas, nous : « La France, tu l’aimes ou tu la quittes » mais « La France, tu la quittes ! Tout de suite ! » Et il n’y aura pas besoin d’envoyer l’armée pour cela. Juste d’utiliser les lois et la police, ainsi que les accords internationaux. Croyez-moi ! Ils sont grands car on nous a mis à genoux. Ils auront un réveil pénible…
LES ELECTIONS : pas un aboutissement mais une diversification
Qu’on ne s’y trompe pas : même si le Bloc Identitaire vient de se constituer en parti politique, il ne souhaite pas pour autant devenir un mouvement électoraliste. Si nous nous transformons en parti politique, c’est surtout pour solidifier notre vitrine et favoriser le financement notamment en permettant désormais une déduction fiscale aux donateurs.
Les élections sont un moyen avant d’être une fin. Obtenir 5% vaut mieux que 4%. Mais ce n’est pas ça le plus important. Ca, c’est le calcul de la courte vue. Pour nous, l’élection est un moyen de dire à notre peuple ce que nous croyons juste, ce que nous croyons bon. C’est aussi le moyen de lui dire qu’il existe une alternative, qu’avec lui, nous pouvons reconstituer une force d’espérance. Mais l’élection est également un moyen de fortifier notre mouvement, d’attirer à lui de nouveaux sympathisants, de nouveaux militants, de renforcer la foi de ceux qui sont déjà avec nous.
Il y a une vision bourgeoise de l’élection. C’et celle du système : l’élection serait la seule expression légitime du peuple. Or, nous savons bien qu’il n’existe pas de démocratie dans ce pays, où l’on ne consulte jamais par referendum sur les sujets vitaux, et un de nos objectifs est bien de la rétablir : rendre le pouvoir à notre peuple et pas aux oligarchies de l’argent. Il y a aussi une vision romantique et stupide de l’élection. Elle est répandue à droite de la droite. C’est que l’élection ne servirait à rien, que ce serait sale, impur. Une simple posture intellectuelle synonyme d’inefficacité et de marginalité.
Les Identitaires iront à ces élections régionales partout où cela sera possible. Soit seuls comme nos amis d’Alsace d’Abord ou de la Ligue du Midi, soit au sein d’initiatives collectives sur lesquelles nous reviendrons dans les semaines et mois qui viennent.
Mais que nos ennemis ne s’y trompent pas. Il y a une vie pendant les élections pour tout ce qui n’est pas l’élection. Et également après les élections. Nous l’avons montré depuis cette rentrée avec les actions de Billère, de la bibliothèque de Lyon, l’action touche pas à mon net, la projection du slogan « Turquie ! Non merci ! » sur le Palais de Chaillot lors de l’illumination de la Tour Eiffel aux couleurs turques, le happening Frédéric Mittérand, les rondes citoyennes dans le RER à Nice…
Face au tout-électoral, nous avons toujours dit que le combat devait être total et que cela passait par divers modes d’action : développement du réseau associatif, prise de contrôle de médias alternatifs, priorité à l’action et à une présence permanente sur le terrain, opérations d’agit-prop menées dans une logique de « franc-tireur » pour sensibiliser l’opinion, etc. Mais aussi, à l’occasion, candidatures aux élections pour faire profiter le courant identitaire d’une fenêtre médiatique.
Certes, nous faisons beaucoup. Mais nous ne faisons pas 10% de ce que nous pourrions faire. Nous avons besoin de toujours plus de militants, de toujours plus de cadres, de plus de donateurs. Il y a une place dans le mouvement identitaire pour chacun d’entre vous. Une place de militant, une place de chef de projet, une place de technicien pour notre travail sur le net… Bref, une place en fonction des compétences, des envies, du temps de chacun.
Il faut bien vous pénétrer de cette idée : il n’existe pas de sauveur suprême. Je suis le président du Bloc Identitaire cela veut dire que je représente le mouvement juridiquement et, parfois médiatiquement. Mais le mouvement, c’est vous ! Ce doit être le flux permanent de la base non vers le haut, mais vers le centre. Le mouvement identitaire est et sera ce que chacun d’entre vous en fait. Le mouvement compte un parti, des associations, des actions autonomes ; bref, il n’est pas un réseau, il est plusieurs réseaux. Nous attachons autant d’importance à faire 7% à Nice qu’à empêcher des expositions illégales pro-clandestins à Lyon. Les menaces sont multiformes, nos ripostes doivent l’être aussi.
Le mouvement identitaire ne veut pas unifier, n’entend pas être une secte où tout le monde pensera comme tout le monde. Ca c’est la nécrose, c’est la mort. Nous sommes tous venus ici avec nos différences, et j’espère que nous repartirons avec elles. Car, au fond, nous sommes d’accord sur l’essentiel : ce qui nous unit, ce n'est pas seulement le refus du monde insupportable de la « France d'après » de Sarkozy. Ce qui nous unit, c'est ce lien charnel qu’entretiennent nos âmes avec la plus longue mémoire de notre peuple. Vous savez ce moment que, parfois, l’on vit lorsque l’on éteint la télévision, coupe internet, et que l’on songe à ce que l’on est, à ce à quoi on aspire, et, pour reprendre un peu le mot de Montherlant, lorsque l’on a soudainement envie de respirer à de plus hautes altitudes. Pour certains, ce sera la lumière grecque ou le mystère des clairières, pour d'autres, ce sera les grands siècles des cathédrales, pour beaucoup, ce sera le souvenir d’un grand-père, la photo d'une ferme ou d'une cour d'école des années 70, une stèle au fond d’un cimetière ou le regard d’un enfant.
Chacun puise dans ce qu’il est pour savoir ce qu’il aime, ce qu’il veut. Ce sont bien ces liens mystérieux, intimes, avec un monde sensible, historique, civilisationnel qui commande à nos cœurs et font aller de l’avant nos intelligences. Nous ne battons pas pour posséder plus mais pour être nous-mêmes.
Puisque nous sommes à Orange, je conclurai sur la figure que nous avons choisie pour illustrer cette Convention, celle du Comte Raimbaud d'Orange qui partit à la Ière croisade en 1096. Les chroniques franques disent, je cite : « qu'il fut le premier sur le rempart de saint Jean d'Acre » pour arracher la ville aux musulmans.
Voilà quel est le grand destin des hommes, des vrais, qu'ils soient européens ou appartiennent à d'autres peuples. Vivre pour une citadelle, et qu'au soir de sa vie, la citadelle soit libérée ! En tant qu’identitaires, à nous de vivre pour l’Europe et que demain, par notre action, l’Europe soit libérée !
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