Un Cévenol mène la Ligue du Midi au front
Jeudi 19.11.2009Un article publié dans le Midi Libre du 19 novembre 2009
Il se dit « ni de gauche ni de droite » , « élevé à l'école laïque » , et pas parti pour « une candidature de témoignage ». Richard Roudier, Biterrois d'origine, et maintenant agriculteur en Cévennes, à Saint-Julien-la-Nef, a décidé de mener le combat des régionales sous les couleurs de la Ligue du Midi. Une « liste identitaire » assumée, sur le modèle de la Ligue lombarde en Italie par exemple, qui entend bien surfer sur « le mouvement populiste ». Ou le refrain « du peuple contre les élites » .
Le néo-Cévenol ne s'affole pas pour autant quand on le classe dans l'extrême droite, via les blocs identitaires. Il préfère en rire, racontant qu'il est ami de Raymond Couderc, sénateur et maire de Béziers - ville où le père de Richard Roudier fut conseiller municipal - et leader de la liste UMP aux régionales, et qu'il a eu comme professeur un certain Georges Frêche, l'actuel président de Région... Parmi les dix propositions qui constituent son programme d'action, Richard Roudier met en avant son opposition au « racket fiscal » . Arguant que « l'Etat se défausse sur les collectivités territoriales » , il constate : « Ça n'arrête pas, et ce n'est pas près d'arrêter ! » Autre cheval enfourché, la lutte contre « l'insécurité » . « J'ai un copain à Alès qui s'est fait saucissonner chez lui il y a quelques jours » , lâche-t-il, demandant plus de sévérité. Ou encore la « défense de l'identité » . « Il faut retrouver nos racines » , explique-t-il, expliquant qu'en discutant avec les gens, « on sent qu'il y a un besoin » .
Enfin, sa dixième proposition, c'est « la mise en congés de Frêche » pendant la campagne des régionales. « Il distribue les subventions, quand je distribue des tracts , vitupère Richard Roudier. On ne combat pas sur un pied d'égalité ! » Cet ancien président du syndicat agricole Coordination rurale dans le Gard et en Languedoc-Roussillon indique avoir démissionné mardi de ses fonctions, « pour éviter toute confusion. En démocratie, il faut séparer les genres. » Il vise le seuil des 5 % de voix, qui lui permettrait d'être remboursé des frais de campagne. Quant au second tour, « ce sera des voix contre un programme » , insiste Richard Roudier, qui affirme ne pas chercher « à avoir absolument un siège » .
Pour l'heure, sa liste serait constituée aux deux tiers, avec « un bon noyau à Alès » . Optimiste, le candidat est déjà satisfait d'avoir réussi jusqu'ici la parité. Il ne lui manque plus qu'à trouver le tiers des 67 noms nécessaires.
Fred GAUTIER
Source : Le Midi Libre du 19 novembre 2009



