Occupation de la permanence de l’UMP : qui dirigeait réellement les forces de l’ordre ?
Mercredi 11.11.2009Qui dirigeait réellement les forces de l’ordre intervenues (de manière très musclée) pour déloger les militants identitaires occupant la permanence de l’UMP lundi après-midi ? C’est la question que l’on peut légitimement se poser en étudiant de nombreux éléments troublants.
Occupation de la permanence de l’UMP : qui dirigeait réellement les forces de l’ordre ?
[Communiqué du 11 novembre 2009]
Qui dirigeait réellement les forces de l’ordre intervenues (de manière très musclée) pour déloger les militants identitaires occupant la permanence de l’UMP lundi après-midi ? C’est la question que l’on peut légitimement se poser en étudiant de nombreux éléments troublants.
Lors de l’arrivée des militants dans la permanence (dont l’entrée n’a pas été forcée comme cela était écrit hier dans Nice Matin, puisqu’elle était ouverte comme en attestent les photos et vidéos), Pascal Condomitti - responsable des Jeunes Actifs de l’UMP et membre du cabinet du maire- était présent. Dès l’arrivée des Identitaires, il s’est emparé de son téléphone. A-t-il alors joint directement Christian Estrosi ?
Une poignée de minutes plus tard, en même temps que les forces de l’ordre (prévenues par Philippe Vardon lui-même de l’action engagée), arrivait sur place Robert Bojanovich, responsable de la police municipale de Nice mais surtout proche de Christian Estrosi. Tellement proche qu’il est souvent considéré comme son garde du corps personnel. Ce dernier est alors équipé d’une oreillette reliée à son téléphone, une oreillette qu’il ne quittera pas tout au long des événements.
Des militants identitaires (tous n’étaient pas à l’intérieur des locaux) l’ont distinctement entendu donner des consignes, semblant manifestement provenir de Christian Estrosi lui-même. Celles-ci étaient très claires : même dans le cas d’une occupation pacifique et sans casse, il fallait dégager les identitaires !
Sur la vidéo de l’occupation filmée par les Identitaires, on voit très clairement Robert Bojanovich au cœur du dispositif policier. À plusieurs reprises il semble donner des consignes, se tient toujours au plus près du commissaire, et tente même d’empêcher la prise d’images (on voit d’ailleurs aussi des policiers utiliser des boucliers anti-émeutes pour cacher ce qui se déroule dans le hall).
Il convient alors de s’interroger sur le déroulement des événements et le rôle de chacun en posant les questions suivantes :
- Quel est le statut exact de M. Bojanovich ?
- A-t-il pris part à la direction des opérations et cela relève-t-il de son affectation ?
- Agissait-il sur commandement express du maire et était-il en contact téléphonique permanent avec celui-ci ?
- Christian Estrosi a-t-il lui-même donné des consignes de fermeté pour l’évacuation rapide et musclée de la permanence (cela au mépris des blessures qui auraient pu être occasionnées dans cette bousculade inutile) ?
- Christian Estrosi a-t-il demandé aux policiers que « la plus grande sévérité soit appliquée » comme il semble désormais le réclamer à la justice à travers des déclarations reprises dans Nice Matin ?
Reste enfin à poser la question qui est finalement la plus importante : se trouvera-t-il un journaliste pour oser poser à Christian Estrosi les questions que nous soulevons et qui sont appuyées par des photos et enregistrements vidéos ?
Nissa Rebela



