Anne Lauvergeon dérape : Tout sauf « un mâle blanc » !
Samedi 24.10.2009Un article paru dans Minute du 21 octobre 2009.
« A compétence égale, eh bien désolée, on choisira la femme, ou on choisira la personne venant d’autre chose que le mâle blanc pour être claire. » Ces propos ont été tenus par Anne Lauvergeon, la patronne d’Areva. Et diffusés au 20 heures de France 2. Sans susciter de réaction indignée…
Et si, pour une fois, Alain Minc avait été prémonitoire. Dans Dix jours qui ébranleront le monde, paru en mars dernier chez Grasset, l’essayiste dont il serait trop long d’énumérer les titres et de détailler l’influence, jusque sur le chef de l’Etat qu’il conseille, imaginait « le jour où les jeunes mâles blancs se révolteront ». Il situait le soulèvement en mai 2016 – en fin de règne d’un Nicolas Sarkozy réélu en 2012… Cent mille « jeunes mâles blancs » défilant entre République et Nation à l’appel d’un collectif pour la défense de leurs droits, pour la défense, tout simplement, du droit d’être jeune, homme et blanc, et de pouvoir continuer à vivre, en France, sans être victime… de discriminations.
« Cette historiette semble relever du gag davantage que de la prophétie ou de la métaphore », expliquait Alain Minc, avant d’enchaîner sur des réflexions inabouties, où son politiquement correct habituel avait raison de son questionnement, puisqu’il continuait à prôner « la nécessité d'une discrimination positive en faveur des femmes, au risque de susciter des effets boomerang comme ce fut le cas aux Etats-Unis », et « les exigences d'une action déterminée voire coercitive au profit des minorités visibles sans entrer néanmoins dans le cycle communautariste. » Autant rêver de résoudre enfin la quadrature du cercle mais à Alain Minc, rien d’impossible ?
A l’exception de l’âge, Anne Lauvergeon vient peut-être d’enclencher le processus qui conduira à la levée en masse des jeunes mâles blancs. « A compétence égale, eh bien désolée, on choisira la femme, ou on choisira la personne venant d’autre chose que le mâle blanc pour être claire » : jamais personne, en France, n’avait tenu de tels propos racistes anti-blancs, si on excepte quelques agités ne représentant qu’eux-mêmes. Or là, c’est la patronne d’Areva qui parle tranquillement, totalement décomplexée, devant la caméra, interrogée à l’occasion du 4e Women’s Forum, machin très select réunissant 1 200 femmes influentes dans la politique ou les affaires à la fin de la semaine dernière à Deauville.
Or elle parlait, bien sûr, de la politique d’embauche de « sa » société, laquelle, forte de 75 000 employés (sans compter les filiales), leader du nucléaire, est à ce titre – le secteur étant très sensible – une société détenue à près de 90 % par l’Etat, soit directement, soit indirectement par l’intermédiaire du Commissariat à l’énergie atomique ou de la Caisse des dépôts. S’il est un domaine où l’on ne devrait embaucher que des Français, après vérification minutieuse de leur parcours et de leurs fréquentations, c’est bien celui-là.
Anne Lauvergeon, classée en 2008 par le magazine américain « Forbes » comme la 9e femme la plus puissante du monde, ne dit certes pas qu’elle ne veut pas de Français. Elle en veut bien, à condition qu’ils ne soient pas blancs ! Le Français de souche, voilà l’ennemi, pour celle qui a longtemps comme conseiller… Alain Minc, le conseiller de Sarko, elle qui fut, de 1990 à 1995, conseillère… de François Mitterrand au palais de l’Elysée (elle siège toujours dans la direction des amis de l’Institut François-Mitterrand). Le monde est décidément tout petit. Il est même minuscule puisque Anne Lauvergeon appartenait aussi à la fameuse Commission pour la libération de la croissance française à la tête de laquelle Nicolas Sarkozy avait placé Jacques Attali, avec lequel elle avait travaillé sous François Mitterrand.
« Nous ne verrons probablement pas 100 000 jeunes mâles blancs entre la République et la Nation, mais nous connaîtrons sans doute de leur part des manifestations d'insatisfaction, voire de frustration, qui seront moins sympathiques qu'un défilé rassurant à l'image de ceux qui sont si profondément ancrés dans nos rites collectifs. » Ainsi Alain Minc concluait-il son chapitre sur « le jour où les jeunes mâles blancs se révolteront ». S’il ne veut pas que cela se produise, il n’a plus qu’une solution : convaincre Nicolas Sarkozy de débarquer tout de suite Anne Lauvergeon. Et de stopper le processus d’ethnomasochisme qui est en train de faire des Français blancs des exclus, des citoyens de seconde zone dans leur propre pays.
B. L.



